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Le parc des Bastions et la Bibliothèque de Genève

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Le parc des Bastions et la Bibliothèque de Genève

Le Dépôt Légal ou comment la censure a permis la constitution d'un trésor

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Le Parc des Bastions et la Bibliothèque de Genève.
Nous sommes dans le parc des Bastions. On trouvait ici autrefois un jardin et un conservatoire botanique. On l'appelait d'ailleurs " la Belle Promenade ".
C'est vrai que c'est un bel écrin de verdure ! Et regardez ces beaux monuments de part et d'autre de l'allée.
Oui nous sommes ici devant la bibliothèque de Genève, située dans l'aile sud de ce grand bâtiment qui abrite également l'université, depuis le 19e siècle.
C'est la doyenne des institutions culturelles genevoises, ses collections remontent au 16e siècle.
à l'époque de Calvin ?
Exactement ! Et de son Académie. 2 millions et demi d'ouvrages. Une idée de quelle distance ça représente ?
Disons... 20km ?
Bien plus! Soixante kilomètres, la distance entre Genève et Lausanne ! La collection est liée à l'instauration du dépôt légal en 1539. L'idée était de garder un exemplaire de toutes les publications imprimées dans le canton de Genève.
Alexandre Vanautgaerden, le directeur de la bibliothèque nous explique :
C'est le paradoxe du dépôt légal : d'abord, c'est un acte de censure. L'idée c'est de maitriser tout ce qui se dit, se diffuse sur Genève et au-delà de Genève, et puis peu à peu, pour nous, ça a été un dépôt absolument extraordinaire parce qu'il nous a permis d'avoir une vue globale du monde de l'imprimerie à Genève et aujourd'hui c'est ce qui donne la collection peut-être la plus dynamique et variée que nous possédons dans la bibliothèque.
Plusieurs milliers d'ouvrages viennent ainsi enrichir chaque année les rayons de la bibliothèque.
Les prêches de Calvin y côtoient...des affiches sexy de cabarets, ou des tracts et des thèses d'étudiants étrangers.
Revues, bande-dessinées, journaux, partitions : c'est tout le patrimoine écrit et iconographique de Genève qui est conservé ici.
Et tout a commencé à cause d'une femme : Marie Dentière, une théologienne protestante qui avait publié un pamphlet, jugé pas très orthodoxe, par les autorités de l'époque.
Ce qui est assez extraordinaire c'est que c'est une oeuvre d'une femme pour une femme (pour la reine marguerite de Navarre) et qui était censée parler à des théologiens, et donc on a là, dans ce premier acte de censure, disons une pièce magnifique d'une intellectuelle de l'époque, qui a imposé sa voix.
Cette bibliothèque, c'est donc le paradis des chercheurs. Elle fait partie des biens culturels suisses d'importance nationale.
Et plus de 40 000 volumes sont présentés en libre accès.
Il suffit de pousser la porte pour feuilleter 5 siècles d'histoire de la ville et faire la connaissance des Genevois célèbres.
Vous pouvez aussi passer un moment dans ce parc dédié à la détente et aux festivités. Vous trouverez notamment, à l'entrée, près de la place de Neuve, des échiquiers géants.
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