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La Place de Neuve et le Musée Rath

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La Place de Neuve et le Musée Rath

Les coulisses de la création du premier Musée des Beaux-Arts de Suisse

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La Place de Neuve et le musée Rath.
Nous sommes place de Neuve, au pied de la statue équestre du général Dufour, le héros de la guerre civile du Sonderbund.
Le sculpteur Karl Alfred Lanz a suscité la polémique à l'époque, fin 19e, avec cette statue, car Dufour montait en fait très peu à cheval.
Il aurait sans doute préféré un buste en bronze, tout ce qu'il y a de plus classique.
Sans doute, oui. Mais pourquoi cette statue se trouve-t-elle ici à votre avis ?
....
et bien, elle est à l'emplacement exact d'une ancienne porte monumentale dans laquelle se trouvaient les bureaux du général.
Une porte appelée : porte de Neuve, d'où le nom de la place.
Merci pour ce rappel historique ; mais ce qui m'intéresse aussi, c'est le Musée Rath à côté du Grand Théâtre...
Et bien l'histoire du musée Rath est passionnante.
C'est l'aïeul du Musée d'Art et d'Histoire. C'est en fait le premier musée des Beaux-Arts de Suisse, inauguré en 1826. Mais fin 19ème il devient trop exigu. Ses collections partent donc en 1910 au nouveau musée.
Il accueille depuis les expositions temporaires du musée d'Art et d'Histoire.
Les colonnes rappellent un peu les temples grecs.
On voulait créer ici " un temple des Muses ". L'architecte, Samuel Vaucher, a donc livré un bâtiment dans le pur style néoclassique.
Et d'où vient son nom ? Rath ?
D'une famille. Simon Rath et ses soeurs : Jeanne-Françoise et Henriette, enfants d'un artisan horloger.
Lui était lieutenant général de l'armée du tsar. On raconte qu'à sa mort, ses soeurs ont fait bâtir le musée via la Société des arts pour respecter ses dernières volontés...
Mais, en fait, Simon Rath n'avait pas laissé de consignes particulières. Ses soeurs ont décidé d'elles-mêmes d'ériger ce musée grâce à cet héritage. Henriette, une portraitiste reconnue, aurait même presque doublé la somme grâce à ses revenus d'artistes.
Sa seule exigence : que ce soit le prénom de son frère qui passe à la postérité.
" Je dois vous prier au nom de ma soeur comme du mien, de nous écarter tout à fait de tous les honneurs qui doivent être rendus au donateur et fondateur du musée : c'est notre désir sincère, notre volonté positive de ne point paraître dans aucune inscription ".
Humilité ou discrétion, on ne sait pas quelles étaient leurs motivations.
Quoi qu'il en soit, c'est grâce aux deux soeurs que ce musée a vu le jour !
Sachez enfin que le musée a été occupé par l'Agence internationale des Prisonniers de guerre pendant le premier conflit mondial, d'où les plaques commémoratives de part et d'autre de l'escalier.
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