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Moulin de Cussol Verdelais

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Moulin de Cussol Verdelais

Le point culminant du célèbre pèlerinage dédié à la vierge de Verdelais.

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Nous sommes face au Moulin de Cussol .
Alain Bord, viticulteur et Président de l'association de la restauration du moulin de Cussol , nous propose une conversation dans son cher moulin. Mais avant de commencer, il remonte le temps
Vraisemblablement, le moulin de Cussol a été construit en 1730. Sa présence peut paraître aujourd'hui insolite au milieu des vignes qui sont devenues monocultures, mais il faut imaginer qu'à l'époque, les céréales étaient cultivées entre des rangs de vignes espacés que l'on appelait des jouals.
Nous retrouvons Alain Bord sous le toit du moulin
Pour que le moulin fonctionne, il faut qu'il y ait du vent. Il faut aussi que les ailes soient orientées face au vent. Et comme on ne peut pas agir sur l'orientation du vent, il faut pouvoir orienter le moulin, c'est pour ça qu'à l'opposé des ailes, vous remarquez cette grosse poutre oblique qui vient presque jusqu'au sol et qui est solidaire de la charpente. Elle sert de gouvernail, et permet en agissant dessus depuis le sol, soit avec un treuil, soit avec un tracteur, de faire pivoter la toiture et de mettre les ailes face au vent.
Alain Bord nous attend maintenant au 1 er étage, dans la salle du blutage
Bluter, ça veut dire séparer le son de la farine !
Quand j'étais enfant, je connaissais cette tour en ruine envahie par la végétation, les escaliers brisés. Vraiment dans un triste état. Et mon rêve était de la restaurer bien sûr, mais d'y remettre surtout un toit et des ailes pour lui redonner l'allure d'un moulin. Et le rêve s'est réalisé en 1998 quand la grue a posé d'un seul tenant le toit et les ailes. Et les ailes se sont mises à tourner avec le vent.
Au rez-de-chaussée, là où le meunier se repose, Alain Bord achève sa visite
Les meules que nous utilisons aujourd'hui sont en silex. Elles pèsent chacune une tonne. Elles nous ont été offertes par les propriétaires d'un ancien moulin de Verdelais. Elles ont été mises en place par des moyens modernes. Mais autrefois, les meuniers utilisaient l'arbre des ailes. Enlevaient des lames de plancher aux étages intermédiaires. Et en faisant tourner manuellement les ailes, faisaient monter les ailes jusqu'au deuxième étage. Il suffisait ensuite de ensuite remettre le plancher.
Vous voyez le serpent sur la croix au sommet du toit ? C'est la croix des moines célestins !
Ce reptile est une fantaisie des ferronniers car la lettre S sur cette croix symbolise habituellement le S de Saint-esprit !
Tournez-vous vers la gauche...
Observez les 3 croix qui se dressent devant vous. Elles constituent le point culminant du célèbre pèlerinage dédié à la vierge de Verdelais.
Si vous descendez le calvaire, vous arriverez au cimetière où est enterré Toulouse-Lautrec que nous retrouverons plus tard.
Et vous découvrirez aussi la basilique Notre dame qui a accueilli des milliers de pèlerins entre le 12 e et 19 e siècle.
Savez-vous qu'à cette époque des milliers de croyants débarquaient à Verdelais par le train et le bateau ?
Joûl Baudet, nous emmène en pèlerinage.
Joûl Baudet replace tout d'abord le pèlerinage dans le contexte politique du 19 e siècle
Le contexte politique est quand même agité puisque c'est la séparation de l'église et de l'état. Il y a des grèves un peu partout, et notamment à Saint-Macaire en 1885 la grève des tonneliers qui a été très dure.
Comment les pèlerins parvenaient jusqu'ici : par bateau ?
Alors les pèlerins prenaient le bateau à Bordeaux. Bateau à vapeur. Roue à aube. Ce bateau s'arrêtait au port de la Garonnelle à Verdelais et c'était quand même, plusieurs centaines de personnes qui venaient régulièrement. On peut même parler de milliers de personnes. Et une fois débarqués, tous ces gens - hommes, femmes, enfants, etc - partaient à pied en procession jusqu'à Verdelais.
Et plus tard au 19 e siècle, les fidèles arrivaient par le train, n'est-ce pas ?
Ils s'arrêtaient à la gare de Saint-Macaire, et après toujours à pied, montaient la route. Et là, au carrefour de la route de Saint-Germain de Graves et de Verdelais, il y avait un ange, une statue qui leur montrait avec le doigt, le doigt tendu, qui leur montrait leur chemin pour arriver au lieu saint.
Avant de nous quitter, Joûl nous confie une anecdote familiale
Mon arrière grand-père qui était rouge bon teint et bouffeur de curés avait une petite vigne du côté de Verdelais. Un jour alors qu'il allait amener un tombereau de fumier pour répandre en sa vigne. Et il s'est trouvé encadré par une procession. Il n'a pas voulu laisser passer la procession, et il a continué son chemin encadré par une procession et bercé par les chants religieux des fidèles qui montaient à côté de lui.
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