Forêt de Fontainebleau et gorges de Franchard >

L'Ermitage de Franchard

Version mobile
Espagnol English Japonais

L'Ermitage de Franchard

Dès le XIIème siècle, 1169 selon l'inscription de la Fontaine des Ermites, des moines s'installent ici pour prier au calme.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Le Chêne George Sand
La forêt de Fontainebleau a été le cadre privilégié de la vie de nombreux artistes : peintres, poètes, romanciers, photographes et musiciens de renom se sont parfois attardés sur ses rochers ou au pied de ses arbres, attirés ou inspirés par l'ambiance particulière des lieux.
George Sand raconte dans son roman Elle et lui :
"Ils sortirent pour courir la forêt par un clair de lune magnifique. [...] Ils avaient fait deux lieues et se trouvaient au pied d'une masse de rochers que Laurent connaissait. [...] Elle l'avait suivi des yeux sur la pente du rocher jusqu'à ce qu'il fût entré dans l'ombre épaisse du ravin. Elle ne le voyait plus et s'étonnait du temps qu'il lui fallait pour reparaître sur le versant de l'autre monticule. Elle fut prise d'effroi, il pouvait être tombé dans quelque précipice. [ ] Elle se levait pour essayer de l'appeler, lorsqu'un cri d'inexprimable détresse monta jusqu'à elle, un cri rauque, affreux, désespéré, qui lui fit dresser les cheveux sur la tête. [...] Rien ne l'arrêta, elle arriva, sans savoir comment auprès de Laurent, qu'elle trouva debout, hagard, agité d'un tremblement convulsif. " Ah ! Te voilà, lui dit-il en lui saisissant le bras. Tu as bien fait de venir ! J'y serais mort ! " [...]Thérèse n'osait l'interroger et s'efforçait de le distraire ; elle voyait bien qu'il venait d'avoir un accès de délire. Enfin il se remit assez pour vouloir et pouvoir lui raconter. Il avait eu une hallucination.
George Sand, après sa liaison avec Musset, revient plusieurs fois à Fontainebleau et évoque de nouveau la forêt dans ses écrits, comme dans cette lettre de 1837 : <
" Tout est beau ici. D'abord, les bois sont toujours beaux, dans tous les pays du monde, et ici, ils sont jetés sur des mouvements de terrain >toujours pittoresques quoique toujours praticables. Ce n'est pas un mince agrément que de pouvoir grimper partout, même à cheval et d'aller chercher les fleurs et les papillons là où ils vous tentent. Ces longues promenades, ces jours entiers au grand air sont toujours de mon goût et cette profonde solitude, ce solennel silence à quelques heures de Paris sont inappréciables. "
>
Avancez à présent vers l'ermitage. Lorsque le chemin tourne vers la droite, vous verrez, un peu en contrebas à gauche, une fontaine grillagée, appelée Fontaine des ermites, qu'une plaque date de 1169. On peut y lire " L'eau de votre fontaine n'est ni belle à voir, ni bonne à boire. ", en référence à une lettre qu'écrivit en 1192 le supérieur Etienne au troisième ermite de Franchard.
02 L'Ermitage de Franchard
L'Ermitage de Franchard
Avancez jusqu'à l'angle gauche de la maison forestière de Franchard. La partie plus ancienne, soutenue par d'épais contreforts, est ce qui reste de l'Ermitage de Franchard, le lieu le plus célèbre et le plus anciennement fréquenté de la forêt.
Il est sans doute dévasté pendant la Guerre de cent ans, mais quelques ermites dont les noms figurent dans les registres des délits forestiers l'habitent encore au XVIème et au XVIIème siècle.

Mademoiselle de Montpensier raconte dans ses Mémoires : <
Monsieur donna une collation à un ermitage qui s'appelle Franchard, où les vingt-quatre violons étaient. > < On y alla à cheval et habillé de couleur. [ ] Quand on y fut arrivé, il prit fantaisie au Roi de s'aller promener dans les rochers les plus incommodes du monde, et où je crois, il n'avait jamais été que des chèvres. [ ] Le Roi envoya quérir les violons, et ensuite nous manda de l'aller trouver. Il fallut obéir : ce ne fut pas sans peine : on en eut assez à s'y résoudre et à faire ce chemin, puis un moment après il fallut s'en revenir ; je m'étonne que personne ne se blessa. On courut les plus grands risques du monde de se rompre bras et jambes et même de se casser la tête. Je crois que les bonnes prières de l'ermite nous conservèrent tous...Au retour l'on mit le feu à la forêt. Il y eut trois ou quatre arpents d'arbres brûlés. >
En effet, cela s'est passé en 1661.
En 1676, Louis XIV donne les ruines de Franchard à l'ordre des Mathurins de Fontainebleau qui reconstruit la chapelle dont vous voyez encore les murs. <
Chaque année, le lundi de la Pentecôte, un pèlerinage est organisé à Notre Dame de Franchard. > En 1717, le Régent qui succède à Louis XIV, fait démanteler l'ermitage devenu, paraît-il, un repaire de brigands. Plus tard, Louis XV y fait construire une maison forestière.
C'est elle que vous voyez ici.
< Les pèlerinages continuent pourtant, d'autant plus que tout près d'ici, la Roche qui pleure (nous allons y passer), est réputée pour guérir les maladies d'yeux. >
En 1813, Napoléon 1er fait creuser un puits pour résoudre le problème de l'eau potable.
Vous le voyez en contrebas dans le pré. C'est notre prochain point d'écoute.
Retour haut de page