Firminy Vert, une utopie réalisée >

La genèse du projet : de Firminy la noire à Firminy vert

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La genèse du projet : de Firminy la noire à Firminy vert

Imaginez le paysage au sortir de la seconde guerre mondiale.

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La genèse du projet : de Firminy la noire à Firminy vert
Nous sommes devant le grand H, l'un des principaux immeubles de Firminy-Vert. Retournez-vous du côté de l'église et regardez sur la gauche, c'est là qu'il y avait autrefois Firminy la noire.....
Imaginez le paysage au sortir de la seconde guerre mondiale.
Sur votre gauche donc, des logements de brique et de broc, où viennent se masser des milliers d'ouvriers....
Car à l'époque Firminy rime avec métallurgie et sidérurgie. Mais la croissance de la population est tellement importante en moins d'un siècle, que la commune est débordée. Les logements manquent. Les habitations sont insalubres.
C'est dans ce contexte qu'Eugène Claudius-Petit est élu maire en 1953. Cet ancien résistant vient de quitter son poste de Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme.
Le logement, c'est donc SA préoccupation. Ecoutons-le :
Reconstitution
"Il n'y a pas que les sinistrés de la guerre, ces derniers ne sont après tout que 1 million 500 000, alors que, concernant les sinistrés de la vie, ce sont 13 millions de taudis qu'il faut remplacer. Il faut donc une politique de construction et non seulement de reconstruction."
A Firminy, il propose donc un programme de rénovation du centre-ville. Mais Eugène Claudius-Petit est ambitieux. Il l'a dit, il faut construire, il lance donc ce projet d'extension de ville, ici au milieu des champs. Un quartier baptisé symboliquement Firminy-vert.
Adepte de la philosophie développée par les architectes du Mouvement moderne, il souhaite voir germer ici un ensemble innovant en terme d'urbanisme. Avec un mot d'ordre : le bonheur social.
Reconstitution ou archive de Claudius-Petit
" Non seulement nous bâtissons pour la pérennité mais nous bâtissons aussi pour que les hommes vivent mieux, dans leurs cellules primitives, dans la famille, afin que le foyer soit abrité vraiment et profite enfin des joies essentielles, pour reprendre un terme de Le Corbusier : le soleil, l'espace, la verdure. Nous voulons ramener la nature au milieu de la cité, c'est la volonté des hommes de notre temps de ne pas accepter d'être enfermés toute la vie dans une muraille de pierre et pour cela il faut dénoncer les faux semblants ou les demi-solutions, et au moment où l'on rebâti avec économie, avec parcimonie peut-être, il ne faut pas oublier que tout peut-être magnifié par l'esprit, alors que tout risquerait d'être mutilé par l'argent ".
Il adhère donc complètement à la vision rationaliste du Mouvement moderne : industrialiser et standardiser la construction grâce au béton pour diminuer les coûts et réduire les inégalités entre les populations.
Et c'est naturellement qu'il pense à l'architecte Le Corbusier pour réaliser son projet. Les deux hommes sont amis.
Mais Le Corbusier vient juste d'achever l'Unité d'Habitation de Marseille, qui a très mauvaise presse !!!
Eugène Claudius-Petit change donc son fusil d'épaule et fait appel à une autre équipe, composée d'André Sive, de Marcel Roux, de Charles Delfante et de Jean Kling. Tous très influencés par les idées de Le Corbusier.
Oui, son ombre plane sur le groupe. A tel point, qu'Eugène Claudius-Petit lui confiera, quelques années plus tard, d'autres réalisations à l'intérieur même du quartier de Firminy-vert.
Pour écouter le prochain commentaire, prenons de la hauteur.
Prenez le chemin de pavés colorés. Arrivé aux escaliers, continuez par la petite allée en oblique à droite, en direction de l'extrémité du grand H, et montez à gauche jusqu'à la petite esplanade ronde et pavée.
Merci de continuer votre visite. A bientôt
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