Le Couvent de la Tourette à Eveux, une utopie réalisée >

La vision du site par le Corbusier

Version mobile
English

La vision du site par le Corbusier

On le voit bien, le site porte la marque de Le Corbusier.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
La vision du site par le Corbusier
Nous sommes toujours le long du couvent de la Tourette, dans le prolongement de l'allée Cavalière. On le voit bien, le site porte la marque de Le Corbusier. Les formes et le béton sont caractéristiques de son architecture et du mouvement moderne.
Mais comment a-t-il pu accepter, lui, l'agnostique, de construire un édifice religieux ?
Florence Damey, guide au couvent, nous donne des éléments de réponse.
Ce qui l'intéresse dans les projets d'architecture c'est de concevoir des lieux de vie pour des groupes, des " machines à habiter " comme il aimait à le dire, donc même si c'était pour une communauté religieuse dont il n'avait pas forcément la connaissance, le projet devait être intéressant pour lui, un nouveau défi. Il est en fin de carrière ici, il avait déjà éprouvé ses concepts d'architecture, donc ça devait être un nouveau lieu à investir pour lui pour son travail, je pense que c'est ce qui l'a intéressé.
Et oui quand on lui propose ce projet, la charte d'Athènes, la bible du mouvement moderne, a déjà dix ans. Le Corbusier a réalisé de nombreux programmes de logements sociaux et conçu plusieurs unités d'habitation, comme à Firminy vert, l'un des autres sites du réseau des Utopies réalisées.
Oui, mais on ne construit pas un couvent comme une unité d'habitation.
Bien sûr. Il a du se familiariser avec les codes de la vie religieuse, en suivant plusieurs principes : discrétion, silence et solidarité.
Ecoutons Florence Damey.
Le père Couturier lui avait indiqué de s'inspirer par exemple de l'abbaye du Thoronet qui est dans le sud de la France comme modèle de vie communautaire, il y a également la chartreuse d'Ema en Italie, donc il a eu quelques points de repères pour l'agencement des espaces, et la compréhension de la vie d'une communauté religieuse.
Et puis, il faut se rappeler que Le Corbusier venait de poser la première pierre de la Chapelle de Ronchamp en Haute-Saône. Il s'était donc déjà familiarisé avec l'art sacré. Il vient donc prendre la mesure des lieux, au sens propre comme au sens figuré, pour la première fois en juillet 1953. Il vient " renifler " la topographie comme il le dit lui-même.
Le paysage était identique ?
Oui, sensiblement le même, avec la perspective de l'allée cavalière qui nous amène au couvent et qui se prolonge avec le parking, le pré en pente qui se déroule sous nos yeux, et au-delà la ligne d'horizon.
Il repère l'orientation du soleil, et commence à esquisser le projet en asseyant le haut de son bâtiment sur la même ligne que celle de l'horizon. Nous y reviendrons en détail par la suite.
Combien de temps ont duré les travaux ?

Et bien le travail préparatoire, de conception, a pris trois ans. Et le travail de construction : trois ans également. La première pierre ou plutôt le premier coffrage de béton sera posé en 1956.
Le béton. C'est un peu massif quand même, particulièrement pour l'Eglise....
C'est l'impression que l'on peut avoir de prime abord, mais cela reflète l'âme des lieux. Le dépouillement. Le Corbusier a voulu conserver une certaine dose de mystère pour les espaces de prière. Il faut y pénétrer pleinement pour les comprendre. Il n'y a pas de place pour les spectateurs. La vue est bouchée de l'extérieur, il faut s'y engager physiquement.
Ce béton c'est aussi le matériau de prédilection de l'architecture moderne, n'est-ce pas ? On le retrouve d'ailleurs sur tous les autres sites du réseau des utopies réalisées.
Oui, parce qu'il permet de standardiser, de rationnaliser les coûts, et de mieux contrôler la qualité de la construction.
Pour écouter notre prochain commentaire, placez vous entre l'église et le reste du couvent, à l'endroit où vous pouvez apercevoir le paysage de l'autre côté du bâtiment.
Merci de continuer votre visite. A bientôt.
Retour haut de page