Estuaire de la Gironde >

Blaye

Version mobile
English

Blaye

Vauban décide de compléter la construction de la citadelle par le soutien de deux forts.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Nous sommes à la Place d'Armes de la Citadelle de Blaye, face à l'estuaire.
De ce promontoire rocheux, nous dominons l'estuaire et les îles. On perçoit même la rive médocaine. Un point de vue stratégique en aval de Bordeaux qui a toujours été une place forte militaire.
Gérard Garaudy, directeur de la conservation du patrimoine de Blaye : " On sait que les Romains étaient là pour observer ce qui pouvait se passer sur l'estuaire de la Gironde, et depuis, ce site a été perpétuellement occupé par les militaires. L'avantage de ce site c'est qu'on lit cet empilement historique, on sait cette présence et l'architecture a parfaitement suivi cette évolution. "
Et dans l'histoire des lieux militaires stratégiques, des places fortes comme ici, une date est importante : 1480. C'est l'invention du boulet en fonte qui provoque une évolution majeure. Désormais, les hautes murailles des châteaux forts ne résistent plus à la puissance de feu des canons.
Il faut s'adapter à cette nouvelle arme. Comment ? en mettant en place des citadelles " bastionnées ". Cette nouvelle architecture militaire permet d'éloigner au maximum la portée de tir de l'ennemi. On multiplie les lignes défensives en avant des remparts.
Quelques 200 ans plus tard, Au XVIIe siècle, Vauban l'architecte militaire de Louis XIV, perfectionne ce système bastionné. Il conçoit pour la France une double ligne de places fortes qu'il nomme " pré carré ".
Ces places fortes doivent verrouiller les passages les plus vulnérables, comme ici, car, selon Vauban :
" à Blaye, il faut se rendre maître de la rivière, une telle place ne peut être qu'utile et nécessaire dans un pays remuant où il y a grand abord d'Anglais et de Hollandais "
Le verrou de l'estuaire qu'il conçoit s'appuie sur 3 constructions.
Gérard Garaudy :
" Là on est en présence du fameux verrou sur l'Estuaire qui au XVIIe siècle a été conçu par Vauban et constitué de Cusac fort Médoc sur la rive gauche de l'estuaire, du fort Pâté au centre de l'estuaire et de cette citadelle de Blaye. Ce verrou a parfaitement fonctionné car il n'y a eu aucune tentative d'intrusion vers Bordeaux et l'Aquitaine, la dissuasion a été d'une efficacité redoutable. "
D'ailleurs, vous savez ce qu'on dit ? Une ville construite par Vauban est une ville sauvée, une ville attaquée par Vauban est une ville perdue.
Regardez maintenant vers votre gauche : vous repèrerez la petite île et le fort Pâté, avec son drapeau français
Vers la droite, vous apercevez l'île Nouvelle.
Que d'îles !
L'île Pâté n'a que 40 ans quand Vauban décide d'y construire son fort.
Les îles peuvent ainsi naître ou disparaître, comme récemment l'île de la Croûte. La géographie mouvante de l'estuaire se fait à la faveur des dépôts d'alluvions, de la formation de la vase, des courants et des marées.
Pourtant l'homme a bien tenté de dompter les îles en les endiguant, en y parquant ses bêtes, en cultivant, puis en plantant des vignes. AU XIXe siècle, ces îles sont même très prospère parce que leurs vignobles protégés par les eaux sont à l'abri du phylloxéra qui fait des ravages sur la terre ferme .
L'île Verte par exemple, qui a compté jusqu'à 500 habitants, avait un château d'eau, une chapelle et une école qui ne ferma qu'en 1977. Car l'isolement et le manque de confort ont finalement eu raison des derniers " îloutes ", ces Robinson de la Gironde, et les îles se sont progressivement dépeuplées.
Quelques activités agricoles si maintiennent encore aujourd'hui, et font l'objet d'un ambitieux programme de réhabilitation.
Retour haut de page