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Porche des cordiers

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Porche des cordiers

Sur la clé d'arc de ce porche figure un emblème sculpté : celui des cordiers

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Sur la clé d'arc de ce porche figure un emblème sculpté : celui des cordiers. Si vous tendez l'oreille, vous entendrez certainement derrière cette porte un maître cordier expliquer son métier à un tout jeune apprenti...
Personnage(s) intervenant :
Un cordier vivant et travaillant à Plivot, à la fin du XIXe siècle. père qui donne des conseils à son fils
Illustrations sonores et musicales :
Ambiance sonore de travail manuel : peignage du chanvre, rouet, ...
[Ton magistral :] Vois-tu fils, la corderie ne s'improvise pas... Elle n'est pas le fruit du hasard non plus : elle se pratique ici parce que la matière première est à portée de main ; le chanvre pousse aussi bien autour du Gué du Pré Salé que le chiendent dans le potager. Nous en faisons donc la culture.
[Ton pédagogique :] Tout commence par le peignage : il te faut peigner de plus en plus fin pour obtenir des fibres de plus en plus fines... Tu me suis ? [Marque une pause] Bien. On commence donc par le teillage, qui consiste à débarrasser les fibres des débris de bois, avant de passer au peignage proprement dit pour diviser les fibres en fils très fins.
De là, on peut passer au filage. Pour ça, utilise la filasse peignée, placée dans un tablier attaché autour de la taille, filasse qu'il te faut attacher au rouet pour la dévider. C'est là que tout se joue, fils : l'art du cordier consiste précisément à dévider le chanvre le plus régulièrement possible... Après, c'est tout simple : il suffit de réunir les fils et de les tordre ensemble pour faire cordes, cordelettes ou ficelles. Pour terminer, prends soin d'enduire si nécessaire le produit fini d'une sorte de colle. Retiens bien tout ça mon garçon ! Si tu veux apprendre le métier, il te faudra être courageux, car le travail ne manque pas ! C'est qu'il en faut de la ficelle pour museler toutes ces bouteilles de champagne des caves d'Épernay ! Sans nous, plop ! Les bouchons sauteraient sans qu'on le veuille ! [rire, puis, sceptique :] Enfin, il paraîtrait qu'ils se mettent à fabriquer des muselets en fil de fer prêts à être posés... J'aimerais bien voir ça ! En tous cas, le jour n'est pas encore venu où notre bonne vieille ficelle sera remplacée !
Observez une dernière fois l'emblème sculpté dans la pierre,
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