La Vallée Royale de l'Eure >

Epernon

Version mobile
English

Epernon

Regardez d'abord celui couvert de tuiles. C'est une ancienne écurie et bergerie. Elle date du 19ème siècle.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Nous sommes à Epernon devant le conservatoire des meules et pavés.
Devant nous, il y a en fait deux bâtiments.
Regardez d'abord celui couvert de tuiles. C'est une ancienne écurie et bergerie. Elle date du 19 ème siècle.
Regardez maintenant le bâtiment voisin de style normand.
Celui-ci se trouvait à l'Exposition Universelle de 1900 à Paris.
Je vous parle depuis les bords de la seine, où nous nous trouvons en face du Petit Palais. La grande exposition terminée, l'heure est au démontage des ouvrages. Près de moi, le bâtiment, sera ramené en pièces détachées à Gallardon dans l'Eure. Mais attention, cette grande maison une fois ré-assemblée , ne disposera pas de fondations. Et ses murs tiendront grâce à des tringles ! Gare aux coups de vent !
Aujourd'hui ces deux bâtiments abritent le conservatoire des Meules et Pavés.
A Epernon, on a longtemps fabriqué des meules et des pavés. Plus de 1200 employés travaillaient dans les carrières de grès.
Ces carrières de grès étaient bien utiles pour la construction. Celle de l'aqueduc de Louis 14, ou plus tard au 19 ème siècle pour l'arrivée du chemin de fer.
Les ponts étaient en grès ! Les pavés aussi.
Du grès ! Mais c'est dur ça !
Voila pourquoi le travail des carriers était pénible. On les appelait même les forçats. Leur espérance de vie était faible.
Jean Paul Duc, président de l'association du conservatoire s'est longuement intéressé à eux :
" C'est un travail complètement fou ! On monte sur le dessus du grés, on va enlever les arbres et 4 mètres de terre glaise, uniquement à la main, il n'y a jamais eu de mécanisation même si ça s'est terminé en 1963. Le carrier va enfoncer une quinzaine de coins. Et au bout d'un certain temps, il va commencer à craqueler. Et le carrier va descendre sous le bloc de grés en suspend. Et avec un manche de 5 à 6 mètres, il va enlever le sable qui se trouve sous le bloc de grés. Une fois que ce morceau était descendu, on le coupait en deux, en quatre, en six. Jusqu'à arriver à un bloc facilement soulevable , de 80 à 100 kg. Et là on fera un pavé. Sachant que le paveur était payé au pavé. Donc s'il ne fait pas un bon pavé du premier coup, et bien il y de la soupe en moins à l'arrivée."
Encore plus difficile : le travail de meulier. Il taillait dans la pierre, des roues pour les moulins. Ce métier était d'ailleurs interdit avant l'âge de 18 ans alors que pour le pavé, on travaillait à l'âge de 10 ans.
A l'époque, les ouvriers très courageux buvaient beaucoup.
12 litres de vin par jour. : on comptait à Epernon 57 cafés !
Savez-vous justement que le jour de paie, les femmes des carriers venaient à l'usine récupérer le salaire avant leurs maris, pour qu'ils ne le dépensent pas en boisson. Qu'à cela ne tienne, les exploitants ont trouvé la parade : ils ont acheté les cafés et y ont distribué la paie sur place !
Aujourd'hui, l'exploitation des meules et des pavés a quasiment disparu : il reste une exploitation de pavé en France, le reste de la production vient de Chine et d'Inde.
Quant aux meules elles sont maintenant en métal. Et à la place des carrières, on ne voit plus ici qu'une énorme cavité sous un tapis de verdure.
Après avoir visité le conservatoire des meules et pavés, allez en ville pour découvrir aussi la salle des pressoirs
Elle est classée Monument Historique. Vous verrez qu'elle est à moitié enterrée.
C'était le cellier des Dames de Haute Bruyère.
Pour avoir protégé la femme du roi Philippe Ier au 12 ème siècle dans le monastère de Fontevrault , ces religieuses avaient obtenu cette maison et en même temps le monopole du droit de minage à Epernon.
Minage ? Mais les soeurs manipulaient l'explosif ?
Non, le minage, est la mesure de blé. Elles y entreposaient donc les produits de ce privilège.
Et bizarrement, en 1794, sous la République donc, les habitants d'Epernon devaient encore y presser leurs vendanges et donner au propriétaire le 7 ème seau de leur production ! Une pratique pas très républicaine...
Retour haut de page