Dijon : sur les pas des Ducs de Bourgogne >

Saint Bénigne

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Saint Bénigne

Un édifice romano gothique : l'ancienne église des vignerons.

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Nous sommes face à la cathédrale Saint Bénigne, sur le trottoir, à proximité du pub. Positionnez-vous sous le panneau indiquant " Place Saint Bénigne ".
Sur notre droite, en retrait la paroisse Saint Philibert, un édifice romano gothique : l'ancienne église des vignerons.
Oyez braves gens. J'ai à mes côtés notre premier candidat. Que ceux qui sont pour lui lèvent la main...
C'est ici, très longtemps, qu'a lieu l'élection des vicomtes maïeurs, autrement dit des maires, ainsi que des gardes des vignobles.
Ici aussi qu'éclate, au 17 ème siècle, une violente révolte des vignerons, protestant contre la suppression des privilèges fiscaux de la province. Une révolte qui oblige le roi et sa cour, désireux de se réconcilier avec les Bourguignons, à venir fêter les pâques suivantes à Dijon.
C'est dire l'influence des vignerons et l'importance de la vigne dans la vie de la région !
Aujourd'hui, il n'existe plus de vignes à l'intérieur de Dijon. Mais les premiers vignobles se trouvent à quelques kilomètres à peine, dans notre dos.
En Bourgogne, on produit essentiellement du vin rouge, avec le cépage pinot noir, et le blanc, à partir de chardonnay. Mais ce qui compte davantage, c'est l'amour du métier. Jean Mongeard est vigneron à Vosne-Romanée , à une vingtaine de kilomètres au sud de Dijon :
" Si vous vous promenez dans les vignes, dans la côte, le soir au moment de la floraison, c'est un parfum subtil, ça sent bon. Et puis après on voit les grumes grossir, les grappes grossir, on attend les vendanges. C'est toute l'année qu'on a des bons souvenirs. Et puis, on attend avec impatience la naissance, chaque année, la naissance du nouveau millésime. On se dit : qu'est-ce que ça va être ? Est-ce qu'on aura assez de couleur ? Est-ce qu'il va avoir du parfum ? Qu'est ce que ça va ressembler ? Puis alors après quand on déguste avec les clients du monde entier, on voit des Japonais, on voit des Américains, on est fier d'ouvrir un tonneau, de plonger sa pipette et puis de servir un vin comme ça. Ça, c'est des moments exceptionnels. Et puis, moi, y'a un moment que j'aime bien, quand on a entonné le vin nouveau, quand je descend dans ma cave, puis qu'on entend encore le gaz carbonique qui se dégage. Les tonneaux, ils sont pas fermés, ils sont ouverts. On est là, et on entend gloup gloup chichichichi . Et c'est magnifique, ça, hein. Voilà, ça c'est le bourgogne. C'est formidable. "
Devant nous, l'église Saint Bénigne, devenue cathédrale à la fin du 18 ème siècle. Son édification remonte, cependant au 6 ème siècle. Saint Bénigne se serait révélé en songe à Saint Grégoire et lui aurait demandé de construire un oratoire à l'emplacement de son tombeau.
Alors d'où vient st Bénigne ?
Il est originaire de Smyrne, dans l'actuelle Turquie. Le futur Saint Bénigne aurait débarqué à Marseille, puis aurait pris le chemin de la Bourgogne, jusqu'à Dijon.
Il reste dans la ville ?
Non, parce qu'il a été martyrisé à proximité de Dijon, à Epagny .
Que lui a-t-on fait ?
Le futur saint aurait eut le corps transpercé de 2 lances et une barre lui fracassant le crâne l'aurait achevé.
Rapidement, son culte s'est développé à Dijon. On venait en masse prier sur la tombe de cet homme que l'on a fini par appeler " le bien bon ", benignus , autrement dit Bénigne.
L'essor de ce lieu de culte, aux alentours de l'an 1000, est en grande partie l'oeuvre de Guillaume de Volpiano , comme l'explique le père Paul Chadeuf , curé de Saint Bénigne :
" Guillaume de Volpiano était un jeune écolâtre d'une famille noble apparentée à un duc du nord de l'Italie et à celui qui est devenu l'empereur d'Allemagne. Il a été destiné quasiment à sa jeunesse par son père à entrer dans les ordres. C'était un homme qui s'est intéressé, tout jeune, aux constructions de son époque de manière très précise et il était en lien avec toutes sortes d'architectes, si bien que quand il a été, après avoir fait un petit passage à Cluny, nommé comme abbé de Saint Bénigne, il avait de grandes compétences religieuses, humaines et aussi je crois architecturales. "
De l'ancienne abbatiale, construite à l'initiative de Guillaume de Volpiano , il reste une magnifique crypte romane qui aurait renfermé les reliques de Saint Bénigne.
L'essentiel de l'édifice, avec sa flèche qui s'élance dans le ciel, a été construit aux 13 ème et 14 ème siècles, dans le plus pur style du gothique bourguignon. > Observez bien la façade : c'est la seule église en France à avoir conservé sa gloria, cette petite galerie, au-dessus du porche, où le prêtre vient bénir les rameaux.
A gauche de la cathédrale, enfin, dans l'ancienne abbaye, se trouve le musée archéologique. On peut y voir notamment le trésor des sources de la Seine.
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