Dijon : sur les pas des Ducs de Bourgogne >

Rue des Forges

Version mobile
English Deutsch

Rue des Forges

Des ouvertures donnent sur d'anciennes caves baptisées les voûtes du change.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Rue des forges...Du métal en fusion dans des fourneaux cracheurs de feu... Je reconnais bien là votre imagination galopante. Et pourtant rien de tel ici...
En effet, ici au Moyen âge, les maisons étaient en bois et les risques d'incendie auraient été trop importants. En réalité, la rue des Forges, longtemps artère principale de la ville, porte un nom symbolique, qui évoque le monde de la finance et de l'orfèvrerie .
Regardez, devant vous, au bas de l'édifice, des ouvertures donnent sur d'anciennes caves baptisées les voûtes du change. C'est là jadis qu'on frappait la monnaie et qu'on la conservait.
J'imagine que l'hôtel Aubriot avait à l'époque des allures de forteresse...
Certainement. D'ailleurs, l'histoire veut que son propriétaire, un certain Hugues Aubriot, gouverneur de Dijon, au 14ème siècle, puis prévôt de Paris, soit aussi à l'origine de la construction de la Bastille, réputée elle aussi imprenable...
Mais revenons à cette façade. Elle est, à elle seule, une véritable leçon
d'architecture : Alors, de bas en haut, on croise les époques médiévales, romanes puis gothiques. La porte, elle, est d'inspiration classique tandis que les lucarnes sont de style renaissance... Et puis, n'hésitez pas à faire quelques pas en arrière pour apercevoir les toits polychromes. C'est une spécificité bourguignonne dont nous reparlerons plus tard.
L'aspect actuel de l'hôtel Aubriot doit beaucoup à la fantaisie d'un certain Stephen Liegeard , né ici même, dans cette maison. Son nom ne vous dit rien ? Ecoutons le
il est en voyage dans le sud de la France :
Quel voyage éprouvant, mais quelle récompense ! A Hyères, le ciel et la mer noient le paysage dans l'azur. De même que nous, Dijonnais, avons notre Côte d'or, il faudrait ici parler de Côte d'Azur .
Vous l'aurez compris, Stephen Liegeard est l'inventeur, en 1909, de l'expression ?Côte d'Azur?.
Au fait, vous savez qu'à la Révolution, lorsqu'on a créé les départements, celui de Dijon devait s'appeler la Seine Supérieure ? C'est vrai que le fleuve prend sa source à une vingtaine de kilomètre d'ici, au nord-ouest, mais avouez que le nom avait moins d'allure que " Côte d'Or "...
Observons maintenant l'édifice à droite de l'hôtel Aubriot. Il s'agit de la maison Maillard, érigée au 16 ème siècle pour Jean Maillard, alors maire de Dijon. Son style est représentatif, à la fois de l'époque renaissance et du savoir-faire de Hugues Sambin, connu comme architecte, menuisier et dessinateur.
Levez la tête. Vous apercevez, au dessus des fenêtres, des têtes féminines mystérieusement drapées. Qui sont-elles ? Seul leur créateur le sait. Son imagination, d'ailleurs, l'a aussi conduit à sculpter au dessus de la porte les fameux choux bourguignons .
Inutile d'en chercher dans les campagnes environnantes. Ces légumes là ne poussent que sur les façades.
Regardez à présent sur votre droite. Au numéro 34, un étroit passage conduit à l'hôtel Chambellan. N'hésitez pas à vous y engouffrer : au bout, en haut d'un pilier sur votre droite, vous serez accueilli par deux statuettes qui sont devenues emblématiques de la maison .. Elles figurent Adam et Eve cachant leur nudité avec un drap. Une façon de rappeler que la famille Chambellan faisait commerce de tissus. Dans la cour, vous pourrez aussi monter l'escalier d'angle, légèrement sur votre gauche Tout en haut vous attend un impressionnant jardinier, une incroyable sculpture qui soutient la voûte de l'escalier
Retour haut de page