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Jardin de l'Arquebuse

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Jardin de l'Arquebuse

Il doit son nom à la compagnie d'arquebusiers, assermentés par le roi.

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Il doit son nom à la compagnie d'arquebusiers, assermentés par le roi, qui venait jadis s'y entraîner, pour défendre la ville en cas d'attaque étrangère. Ecoutons les explications de Gérard Ferrière, conservateur de ces jardins :
" Elle utilisait pour cela ce que l'on appelle des arquebuses, d'où le nom, qui étaient en fait de grands fusils très très lourds, qui étaient supportés par de petits poteaux métalliques. Ces arquebusiers tiraient sur des cibles, justement, au fond du parc, d'où l'aspect rectiligne de la grande pelouse. On appelait ça tirer à l'oiseau car autrefois, bien sûr, c'était des oiseaux. Mais l'oiseau a été remplacé par des pigeons d'argile, puis ensuite par des cibles. Mais on retrouve dans les archives aussi que les arquebusiers du roi tiraient aussi sur les chapeaux des belles dames.
Et les dames étaient sous le chapeau ?
Les dames étaient parfois sous le chapeau
Et certaines d'entre elles ont perdu des plumes dans l'opération ?
Ecoutez, c'est pas écrit dans les archives, mais on a des plaintes de dame qui mentionnent justement des tirs sur les chapeaux... "
Derrière nous, un bâtiment construit aux 17 ème et 18 ème siècle. Les jours de pluie, son rez-de-chaussée servait de préau aux arquebusiers qui pouvaient s'entraîner sans se mouiller. Ce pavillon abrite aujourd'hui le muséum d'histoire naturelle.
Regardez maintenant en bordure de l'ancien terrain de tir, à notre gauche, sous les grands arbres. On distingue les vestiges du petit cloître de la chartreuse de Champmol , l'ancienne nécropole des Ducs de Bourgogne.
Face à nous cette fois, à une vingtaine de mètres, une statue représente Gaspard de la Nuit, personnage créé par Aloysius Bertrand, notre poète dijonnais. Ce que l'on ne sait pas toujours, c'est que cet auteur est l'inventeur du poème en prose
Un autre écrivain ne manquait jamais de venir dans ces jardins à chacun de ses séjours dijonnais, Victor Hugo. Peut-être cherchait-il l'inspiration dans le jardin botanique et dans l'arboretum qui s'étend à notre droite.
Créé par Legouz de Gerland , ce jardin offre de nombreuses espèces exotiques, mais on peut surtout y découvrir une présentation exhaustive de la flore bourguignonne.
Ce jardin, fidèle aux principes du classicisme, est divisé en quatre parties, avec en son centre une fontaine. C'est aussi une référence au jardin du paradis qui était arrosé par 4 fleuves.
Celui-ci est traversé par de petits canaux qui incitent à la flânerie.
De quoi donner des idées à certains... Pourquoi ne pas visiter les environs de Dijon en bateau, sur le canal de Bourgogne. Il passe tout près d'ici. Renseignez-vous à l'office de tourisme.
Lor sque vous ressortirez de ce jardin, vous passerez à nouveau sous le pont de chemin de fer. Bordant la voie, en hauteur, vous remarquerez peut-être un médaillon portant l'inscription PLM. Vous savez à quoi correspondent ces initiales ?
Paris-Lyon-Méditerranée , bien sûr ! Avec une étape incontournable sur cette ligne mythique : Dijon, à partir de 1905
Un vrai " plus " pour l'essor économique de la capitale bourguignonne ! Et ici aussi, dans le quartier de la gare, les choses changent, comme l'écrit Henry Vincenot , écrivain dijonnais dans ses " mémoires d'un enfant du rail. ".
" Si ceux qui dormaient tiraient les lourds rideaux du baldaquin, ce n'était pas par coquetterie, mais pour étouffer les bruits, toujours les mêmes, qui saturaient le quartier. Halètement des machines, appel d'aboyeurs de gare, coup de sifflet des manoeuvrés, sourdes détonation qui venait des tamponnements du triage, au-delà du canal et appel des plantons qui criaient la commande depuis la rue. Au loin, on entendait un grondement métallique et un bruit se de marteau sur enclume. Tacatac, tacatac... C'était un train qui prenait de la vitesse sur le raccordement de l'est. "
Vous voulez en savoir plus sur le quartier cheminot et sur le célèbre auteur Bourguignon ? Claudine Vincenot , fille de l'écrivain témoigne. Ecoutons-la :
" La solidarité cheminote fonctionnait à plein. Quand il y avait un accident, quelquefois mortel, sur la voie, comme des accidents d'attelage, parce que l'attelage automatique entre les wagons n'existait pas, lorsqu'un employé du PLM, malheureusement, était écrasé par les tampons du wagon, eh bien, les familles de l'immeuble cheminot prenaient en charge la veuve, les enfants, et c'était une solidarité assez admirable. Et puis également le rythme de la vie était très différent de celui de la ville, tout simplement à cause des heures de conduite des trains et du passage. Et très souvent, les conducteurs de trains dormaient alors que la ville était éveillée. "
Et Claudine Vincenot peut témoigner : son père était issu d'une famille où l'on travaillait pour les chemins de fer depuis 3 générations. L'écrivain lui-même deviendra journaliste à " la vie du rail ". Auteur oe entre autre de " la Billebaude " et du " Pape des escargots " (des chroniques terriennes où il redonne à découvrir la vie bourguignonne d'autrefois), on lui doit aussi plusieurs livres sur l'épopée du rail.
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