Dijon : sur les pas des Ducs de Bourgogne >

Hôtels particuliers

Version mobile
English Deutsch

Hôtels particuliers

Ce quartier, c'est un peu l'équivalent dijonnais du Marais parisien.

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Ce quartier, c'est un peu l'équivalent dijonnais du Marais parisien. Impossible de faire deux pas sans découvrir un magnifique hôtel particulier.
Celui qui est devant nous est érigé à la fin du 17 ème siècle pour Charles Legouz de Gerland , maître de la Garde-Robe de la Dauphine. On distingue d'ailleurs son monogramme au-dessus des fenêtres : L et G.
Cet homme est un grand érudit, un passionné de sciences et de littérature, tout comme son illustre voisin, Jean Bouhier , dont on a aperçu l'hôtel particulier, un peu plus haut, au 12 rue Vauban > . Ce dernier conservait dans sa bibliothèque... quelques 35 000 ouvrages.
-Bien le bonjour, cher voisin !
-Maître Bouhier , je vous salue bien bas. Une perle philosophique, ce livre que vous m'avez tantôt confié !
- Et ce n'est rien, au regard des derniers volumes qui viennent de me parvenir de Paris. Passez donc ce soir à ma résidence. Nous y ferons un brin de conversation.
Si la porte est ouverte, entrez dans la cour, elle a des allures de décor de théâtre. Prenez aussi, quelques secondes pour tester discrètement l'acoustique !
Cet hémicycle, ces arcades, ces balustrades, ça ne vous rappelle rien ? Un petit effort de mémoire...
Cette cour s'inspire, en effet, de la Place royale, devenue la place de la Libération, devant le palais des Etats.
Ce qui n'empêche pas cet hôtel particulier d'avoir son charme propre. Tenez, retournez-vous et levez les yeux vers le portail. ( rugissement ) Vous en connaissez beaucoup des portails qui rugissent, comme ça ?
Vous l'aurez compris, chaque hôtel, sans mauvais jeu de mots, est particulier... Autant dire qu'une longue flânerie s'impose dans le quartier.
Marie-Claude Pascal, conservateur du patrimoine :
- Quand on se promène dans Dijon, on rencontre une multitude d'hôtels particuliers, je crois qu'il y en a plus d'une centaine.
- Comment sont-ils nés ? Comment ont-ils été érigés ?
- Ils sont nés avec l'installation du Parlement de Bourgogne à Dijon. Et c'est cette classe de parlementaires qui a construit pendant trois siècles cette centaine d'hôtels particuliers.
- Qui dit trois siècles, dit des styles différents...
- Oui, on va absolument de la Renaissance jusqu'au néo-classicisme, en gros, mais avec une part prépondérante d'édifices classiques, du 17 ème et 18 ème siècles.
- Comment on vivait dans ces hôtels à l'époque ?
- On y vivait familièrement. D'abord parce que ces hôtels étaient installés en plein coeur de la ville. Il n'y avait pas de quartier réservé. Et puis parce que les gens avaient une domesticité importante. Donc, il y avait souvent une famille avec tout son personnel. Une vingtaine de personnes qui vivaient ensemble.
- On y organisait des fêtes ?
- Oui, des cénacles littéraires, des bals et surtout, je pense, de petites réunions entre Dijonnais qui partageaient tous une forme d'humanisme.
- Qu'est-ce que vous, vous aimez dans ces hôtels particuliers ? Qu'est-ce qui vous touche le plus ?
- Ce qui me touche le plus, c'est cette facette entre cour et jardin. Ce qui est intéressant, c'est qu'on a des façades minérales très travaillées sur le côté rue souvent, assez nobles, mais qu'en fait, l'envers cache un jardin secret beaucoup plus intime.
Ces hôtels particuliers, vous l'avez entendu, étaient généralement habités par des membres du parlement. Un parlement qui entre la fin du moyen âge et la révolution, siégeait à l'intérieur de l'actuel palais de justice, aperçu précédemment.
Aujourd'hui les plaidoiries, hier les grands discours politiques. Longtemps, l'actuel palais de justice abrite le Parlement de Bourgogne détenteur de l'autorité judiciaire
Auprès de cette assemblée, siège aussi une chancellerie.Tant et si bien que les bâtiments se multiplient au gré des besoins et des passages des rois...
Aujourd'hui, cet impressionnant ensemble architectural marie des styles hétéroclites. Son porche d'entrée, surmonté d'une coupole de pierre, date de la fin du 16 ème siècle. A l'intérieur, vous admirerez l'immense salle des pas perdus. Elle donne sur la chapelle du Saint-Esprit, avec sa clôture, oeuvre de Hugues Sambin, qui, vous vous en souvenez, est le " maître " des choux bourguignons. Pour visiter les bâtiments du palais de justice, renseignez-vous auprès de l'office de tourisme.
Retour haut de page