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Quartier juif de Kazimierz

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Quartier juif de Kazimierz

Le quartier renaît suite au succès de La liste de Schindler qui y fut tournée.

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Et aussi dans le monde

 

Nous sommes à Cracovie, Rue Szeroka, littéralement la " rue large ", le coeur de Kazimierz, l'ancien quartier juif de la ville.
Chaque pierre y témoigne d'une histoire anéantie par la Shoah mais aussi d'un souffle nouveau. Signe de cette renaissance, le balai incessant des touristes sous l'oeil vénérable des deux plus vieilles synagogues du quartier. Tout autour des restaurants aux façades rafraîchies et quelques maisons, encore décaties, stigmates de la barbarie et de l'oubli.
Pourtant, depuis sa création par Casimir III le grand, les communautés juives et chrétiennes y prospèrent six siècles durant dans une relative tolérance. Aujourd'hui, alors que le quartier compte moins de 200 juifs, on craint une dérive tendance Disneyland : une folklorisation du devoir de mémoire.
65 000 juifs habitent Cracovie en 1939. 10% à peine survivront à l'extermination nazie, aux déportations dans les camps d'Auschwitz, à soixante kilomètres à l'ouest ou de Plaszów , là-bas vers le Nord, passée la Vistule , derrière le quartier de Podgórze. Spielberg lui préfèrera Kazimierz, plus photogénique, pour y tourner la liquidation du ghetto de mars 1943.
" La liste de Schindler " a popularisé Kazimierz. Coupe gorge laissé à l'abandon sous le joug communiste, le quartier vit désormais chaque soir aux rythmes Klezmer. La chute du mur a permis de renouer avec les racines juives : on a créé des musées, une fondation pour la culture juive. Mais elle a aussi libéré les initiatives privées qui surfent sur un tourisme parfois douteux : signes hébraïques tape à l'oeil et reconstitution made in Hollywood.
Lieu de recueillement Kazimierz c'est aussi désormais ze place to be. A deux pas de Szeroka, la place Nowy, la place nouvelle et son lot de café rétro et de bar boîtes branchées. Une joyeuse cohue de touristes et d'étudiants, un concentré de jeunesse européenne, un peu sourde le soir à l'histoire. Mais l'alchimie de Kazimierz, la vraie, la fusion de la fête de la mémoire et de l'héritage : c'est le festival de la culture juive. Depuis 1988, en juillet, son concert final réunit 15 000 personnes rue Szeroka. Kazimierz, un renouveau urbain certain, peut-être aussi un espoir.
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