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Le point de vue

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Le point de vue

Ces paysages typiques du pays de Herve semblent immuables.

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de Thimister-Clermont

Le point de vue.
Depuis cette table d'orientation, nous dominons le village de Clermont, avec sa forme carrée.
Tout autour, des espaces herbagers, enserrés dans des haies. On y pratique l'élevage. On y cultive aussi des pommes et des poires, qui servent notamment à produire du cidre.
Ces paysages typiques du pays de Herve semblent immuables. Et pourtant, si nous étions venus ici avant le milieu du 16ème siècle, ce n'est pas le vert des pâturages et des vergers qui se serait imposé à notre vue mais bien le jaune doré du blé et de l'épeautre.
Pourquoi l'agriculture locale s'est-elle, en quelques années, détournée de la production céréalière ? Eh bien parce qu'au 16ème siècle, pour affamer les protestants qui habitaient à quelques kilomètres d'ici, devant nous, dans ce qui était alors les Pays-Bas, Charles Quint a interdit aux catholiques qui vivaient ici de leur vendre des vivres. Cette décision avait au moins un avantage : en se convertissant à l'élevage et à la production de fruits, les paysans locaux n'avaient plus à s'acquitter de la dîme, un impôt correspondant à 10 % de leur récolte de céréales et qu'ils étaient jusqu'alors obligés de payer à l'Eglise...
A plusieurs reprises Clermont a vu son histoire meurtrie par la guerre.
En 1914, le premier soldat belge tué au combat est tombé à un kilomètre et demi sur notre gauche, non loin de la chaussée Charlemagne qui relie Liège et à Aix-la-Chapelle.
Puis est venue la seconde guerre mondiale. Hitler a voulu retrouver les frontières de l'ancien empire allemand qui couraient sur notre droite à environ 800 mètres. Et du jour au lendemain, Clermont a vu son territoire coupé en deux. Une partie de ses habitants sont devenus allemands.
Ecoutez le témoignage de Gaston Schreurs, un habitant qui nous raconte comment ses parents prenaient des risques pour continuer à se fréquenter.
Ma maman, pour rencontrer son amoureux, devait passer sous la route qui faisait frontière. Il y avait un aqueduc d'une hauteur d'un mètre et elle passait là-bas courbée, en faisant bien attention de ne pas se faire prendre par les gardes allemands qui surveillaient la frontière avec de grands chiens noirs. C'était vraiment des bergers allemands.
Passer la frontière était très dangereux, comme l'explique Marcel Schmetz, qui, enfant, habitait avec sa famille dans la partie de Clermont devenue allemande.
Un jour en allant à l'école, j'ai vu dans une prairie, à 20 mètres de la route, une dame qui avait été tuée par un douanier allemand. Elle était venue en Allemagne chercher un pain pour nourrir ses enfants. Et elle a été froidement abattue par ce douanier, parce qu'il était strictement interdit de passer de la nourriture d'Allemagne vers la Belgique.
Marqué par l'épisode de la guerre et dans un soucis de mémoire, Marcel Schmetz a aménagé dans sa ferme un musée intitulé Remember 39-45, où l'on trouve d'innombrables véhicules et uniformes d'époque. Ce lieu, situé à deux kilomètres d'ici, est proprement époustouflant. Il se visite tous les premiers dimanches du mois.
Merci de continuer votre visite. A bientôt.
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