Clermont-Ferrand : si les fontaines m'étaient contées... >

Les fontaines de l'hôtel de ville

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Les fontaines de l'hôtel de ville

L'hôtel de ville, les fontaines, le procès de Clermont-Ferrand, les destins de Pierre Mendès France et de Jean Zay

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(Fantaisie impromptu de Chopin)
L'hôtel de ville est l'oeuvre de Louis Charles François Ledru, architecte de la Ville de Clermont-Ferrand au XIXe siècle. Ce monument impressionnant en pierre de Volvic, composé de trois bâtiments, accueillait à l'origine la mairie, le palais de justice et la prison.
Jet d'eau de fontaine
Les fontaines jumelles que nous voyons datent de 1848.
Elles sont adossées, possèdent une vasque avec des godrons, moulures parallèles renflées, et un mascaron en mufle de lion !
En-dessous, un monstre marin, la queue dressée. Vous ne trouvez pas qu'il a l'air furieux avec ses yeux exorbités ?...
La construction de ces deux fontaines est dirigée par l'architecte Agis Léon Ledru... le fils de Louis Charles François, futur maire de Clermont !
(Le chant des partisans - final sifflé)
4 octobre 1940. La France est gouvernée par le maréchal Pétain à Vichy. Ce jour, l'hôtel de ville de Clermont-Ferrand est le siège d'un tribunal militaire qui juge Jean Zay. Il sera condamné à la déportation à vie. Quelques mois plus tard, dans ce même tribunal, Pierre Mendès France, victime de la même iniquité, sera condamné à 6 mois de prison.
Les deux hommes ont siégé au gouvernement du Front Populaire de Léon Blum. Pierre Mendès France est sous-secrétaire d'État. Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts. On lui doit entre autres le CNRS, l'ENA, le Festival de Cannes fondé en réaction au Festival de Venise initié par Mussolini. En prison, Jean Zay, grand amoureux des lettres, écrit un livre intitulé Souvenirs et solitude
Jean Zay (voix sobre) : " II y a ce matin un an que j'ai perdu ma liberté. Les mots traduisent mal ce que contient cette idée. Il faudrait dire " un an qu'on m'a amputé de ma liberté ", tant la sensation est celle de la perte d'un membre ou d'un sens. Depuis un an, je puis aller et venir sur une vingtaine de mètres, mais je me heurte ensuite à un mur, et cet arrêt brusque dans la promenade interrompt chaque fois le mouvement de la pensée, comme celui des jambes. "
Si Pierre Mendès France parvient à s'enfuir d'un hôpital prison de Clermont-Ferrand et à rejoindre le général de Gaulle à Londres, le destin de Jean Zay est plus tragique. Il est assassiné sauvagement par la milice en 1944 lors d'un faux transfert de sa cellule de Riom, dans le Puy-de-Dôme, vers la prison de Melun.
Le chant des partisans - final sifflé
Dans l'hôtel de ville de Clermont-Ferrand, deux plaques honorent leur mémoire.
Les cendres de Jean Zay ont été transférées au Panthéon le 27 mai 2015. La réhabilitation d'un " grand ministre de l'intelligence française " comme l'écrit Pierre Mendès France dans la préface de Souvenirs et solitude publié en 1945.
Le chant des partisans - final sifflé s'évanouit et achève le point.
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