Clermont-Ferrand : si les fontaines m'étaient contées... >

la fontaine de la place du Terrail

Version mobile
English

la fontaine de la place du Terrail

Histoire de la fontaine, description, incitation à la visite des hôtels particuliers environnants

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
(Vltava (Moldau) de Smetana)
Amusez-vous à trouver la date de construction de cette fontaine gravée dans la pierre de lave. Vous avez trouvé ?... Bravo : 1684 ! L'érudit Ambroise Tardieu prétend que la place et sa fontaine doivent leur nom à un marché de céramiques - la terraille - qui se tenait là où nous sommes.
À Clermont, il arrive aux fontaines de faire bien des histoires. Celle-ci commence son aventure en... 1598 !
La ville projette de construire une fontaine monumentale. Étienne de la Barge, abbé de la puissante abbaye de Saint-André, finance l'opération, mais non sans contrepartie.
L'abbé (voix posée) : " Moyennant la cession d'une certaine quantité d'eau pour ma demeure, située juste en face. "
L'abbé conclut l'affaire avec le fontainier Antoine Chappard, artisan clermontois. Hélas, ce monument ne voit jamais le jour. Pourquoi ?... Mystère !
Une autre fontaine est construite sur la place. Elle est à la fois publique et privée car son système de canalisation dessert les jets d'eau des riches propriétaires environnants. Mais elle est loin de donner satisfaction aux Clermontois.
Un Clermontois (voix plus grasse, accablée) : " Elle ne tire point cette fontaine ! Ah la la ! "
La fontaine défectueuse souffre des affres du temps.
Vltava reprend de plus belle...
1684. Clermont loue une maison pour loger son intendant. Cette demeure est située à deux pas, dans la rue Blaise-Pascal, appelée alors rue des Nobles ! Avant de s'installer, l'intendant formule une requête 
L'intendant (voix posée, autorité naturelle) : " Je veux le rétablissement du jet d'eau qui se trouvait dans le jardin ! "
Le seigneur Claude Dauphin, riche propriétaire voisin, finance la restauration de la fontaine et la remise en marche de ses canalisations.
Jet d'eau de fontaine
C'est celle que nous voyons aujourd'hui. Regardons-la de haut en bas...
Vous avez remarqué sa colonne ? Elle se termine par une demi-sphère couverte d'écailles. En dessous, quatre niches sont creusées. Dans chacune, un enfant est assis sur un dauphin. Trois d'entre eux posent le pied sur un escargot. Regardez bien ! Certains sortent de leur coquille pendant que les jets d'eau jaillissent de la gueule des dauphins qui eux reposent sur des coquilles Saint-Jacques. Tout un enchevêtrement aquatique !
À la base de la colonne, se trouve la signature du sculpteur. Vous y êtes ?... Oui, c'est là : Paquin !
L'inscription en latin que l'on discerne a été martelée à la Révolution française. Elle rend hommage à Claude Dauphin qui finance la fontaine.
Voix masculine sobre : " Le très illustre Claude Dauphin a équipé ces bassins d'une eau intarissable ; ce protecteur hors pair a été élu dans l'assemblée de très diligents échevins. " 
La phrase est suivie du nom des échevins de Clermont. C'est-à-dire les membres du conseil municipal de l'époque !
Fermée en 1958, la fontaine du Terrail est remise en eau pour son tricentenaire.
Jet d'eau de fontaine
N'hésitez pas à admirer les hôtels particuliers de la rue Blaise-Pascal Particulièrement au n° 4, l'hôtel de Chazerat. Une splendeur du XVIIIe siècle !
Retour haut de page