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Vue de Marseille, prise des Aygalades, un jour de marché

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Vue de Marseille, prise des Aygalades, un jour de marché

Émile Loubon, Vue de Marseille prise des Aygalades, un jour de marché, 1853, Marseille, Musée des Beaux-Arts

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Loubon est l'un des peintres qui rénova la peinture provençale : professeur aux Beaux-Arts de Marseille, il est en effet celui qui donne une impulsion nouvelle. Il invite les plus grands artistes français de son temps, ses amis de l'école de Barbizon ou Delacroix et Corot, et les expose aux côtés de ses propres élèves. Soudain, voilà Marseille propulsée au coeur de l'art contemporain. Loubon renouvelle, par sa propre peinture, le paysage provençal : de son amitié avec le peintre Granet, il garde le goût des paysages panoramiques, à l'ampleur spectaculaire, comme nous le voyons ici. Il cherche un sens nouveau au plein air et à une nature non idéalisée. Ici, tout est vrai : le troupeau descend par le chemin des Aygalades pour rejoindre les abattoirs de la Villette. Au loin, la ville se découpe avec une netteté fascinante, tandis que le troupeau avance au premier plan, dans une composition dynamique. La transparence de l'air avive encore cette sensation de vérité. Le grain de la peinture, très dense, presque palpable, donne vie à cette scène de genre, rendue spectaculaire par le grand format et la disproportion entre le premier plan et l'avant-plan. Les ombres qui s'avancent sur le rocher à l'avant plan soulignent l'aspect minéral de la toile, à peine atténué par le bleu de la mer et du ciel. Le format lui-même, inhabituel, tout en longueur, crée un effet que l'on pourrait comparer au grand angle des photographes : cette descente du troupeau devient ainsi une vraie scène vivante et héroïque !
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