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Vue de Gordes

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Vue de Gordes

André Lhote, Vue de Gordes

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Dans cette Vue de Gordes, le peintre André Lhote réussit la prouesse d'adapter le cubisme à la lumière du sud. Il est en effet à ce titre un des artistes singuliers issu des expériences cubistes. Converti à ces nouvelles expériences dès 1912, période des plus expérimentales, il donne cependant une interprétation très personnelle et complètement différente de celles de Braque et de Picasso. Même si ce tableau est probablement plus tardif, il est représentatif du cubisme de Lhote, dès ses débuts. Loin de la fragmentation qui fait voler en éclat le sujet, il garde au paysage une cohérence. La très belle ville de Gordes, sur son piton rocheux, est tout à fait reconnaissable, et la perspective garde toute son intégrité, à l'opposé de la peinture de Picasso. C'est l'architecture qui est ici le prétexte à une organisation en petits cubes de couleurs, mais chaque unité géométrique garde son intégrité. Ce qui permet une lisibilité accrue. Les couleurs claires et plutôt vives sont aussi une exception dans le mouvement cubiste. Lhote conserve un sens de la lumière tout dédié au sud, et finalement très peu influencé par les expériences parisiennes. Braque et Picasso ne pratiqueront jamais un cubisme coloré. Et les peintres qui travaillent sur la couleur, tel Delaunay, cherchent plutôt à traduire le mouvement, la vitesse de la lumière et du spectre coloré. Rien de tel chez Lhote : son initiation à l'école des Beaux-Arts de Bordeaux à la sculpture décorative lui laisse un sens sculptural et décoratif de la forme associée à la couleur. Gordes semblerait presque sculptée à même le rocher, tant ses couleurs et ses formes s'harmonisent à l'ensemble du paysage.
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