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Vue de Carpentras, côté nord

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Vue de Carpentras, côté nord

Vue de Carpentras, côté nord, Jean-Joseph Bidauld, 1809, Carpentras, musée Duplessis

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C'est toute une génération de peintres néoclassiques qui vont donner, dès la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècles, une vision idéale de la Provence. À ceux qui n'ont pas les moyens financiers de voyager en Italie, Pierre-Henri de Valenciennes, le chef de file des paysagistes, conseille de visiter la France. Le Midi va devenir rapidement une destination privilégiée, les artistes de cette génération anticipant cette phrase emblématique de Vincent van Gogh : " Si vous voulez voir le plus beau pays du monde, c'est ici : on a l'Italie, la Grèce, les Batignolles réunis et la mer ". Cette " Italie provençale ", voilà ce que peint Jean-Joseph Bidauld, formé à l'école des Beaux-Arts de Lyon, mais originaire de Carpentras. Il a fait le voyage en Italie, dont il revient en 1790, et qui imprègne sa vision du paysage. C'est ainsi qu'il accentue les lignes architecturales, très fortes par la présence du rempart et de la tour d'angle. Le paysage lui-même paraît se plier à cette construction : les arbres suivent la ligne plantée en contrebas des remparts. Les talus du premier plan s'ouvrent eux-mêmes sur un angle qui reprend et souligne cette promenade. La lumière douce, qui précise les formes du premier plan et les estompe dans le lointain, est typique de cette école néoclassique. Une nouveauté, néanmoins, marque ce paysage. La petite scène du premier plan dépeint le retour à la ville après une journée de labeur et non une scène mythologique ou historique. C'est dans cette observation juste de la nature que le paysage s'humanise alors.
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