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Vue d'Avignon et du Fort Saint-André

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Vue d'Avignon et du Fort Saint-André

Vue d'Avignon et du fort Saint-André, André Lhote, 1930, Paris, Musée national d'Art moderne, Centre Georges Pompidou

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Cette vue d'Avignon par André Lhote révèle combien l'influence du cubisme a été forte et durable. À l'époque, l'artiste est installé à Paris dans le quartier de Montparnasse et y a ouvert une école rue d'Odessa. Mais sa pratique demeure indépendante des tendances les plus fortes de son temps, et en particulier de ce que l'on appelle l'école de Montparnasse, de Modigliani à Soutine. Lhote est un indépendant, même si les influences qui le relient à son temps existent bel et bien. Il ne faut pas oublier que l'artiste a d'abord été un sculpteur et qu'il pense la peinture en tant que tel. Il est aussi un classique, et cette vue panoramique de la ville d'Avignon, très construite, peut tout à fait évoquer les paysagistes du XVIIe siècle, de Lorrain à Poussin. Cependant, la géométrisation des formes est trop poussée et révèle la modernité d'une vision qui puise son inspiration dans le cubisme. La silhouette du Palais des Papes, sur la droite, pouvait certes inciter à cette géométrie. Mais la falaise du premier plan elle-même, construite ainsi, n'est pas sans évoquer les remparts de la ville. Au-delà du cubisme expérimental des années 1910 de Braque et Picasso, que Lhote a toujours trouvé trop éloigné du motif, c'est Cézanne qu'il faut évoquer. Comment ne pas y penser devant ce paysage classique et moderne tout à la fois ? Cézanne écrivait : " Pour bien peindre un paysage, je dois découvrir d'abord les assises géologiques. Songez que l'histoire du monde date du jour où deux atomes se sont rencontrés ". Lhote ne fait pas autre chose, lui, l'auteur d'un traité sur le paysage, en 1939, qui fera date dans les annales de la peinture.
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