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Paysage à Saint-Rémy

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Paysage à Saint-Rémy

Paysage à Saint-Rémy, Vincent van Gogh, 1889, Museum of Art, Indianapolis

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Ce que van Gogh donne à voir, ici, c'est le champ derrière l'hospice Saint-Paul, où il se soigne, et dans lequel s'active un moissonneur. Au-delà, se dressent le cabanon de l'hospice et, surtout, les Alpilles, dans un contraste de proportions et de couleurs, le jaune s'opposant au bleu, qui leur donne une présence un peu menaçante. Car les idées de van Gogh sont de nature sombre, entre deux crises. Même si la peinture l'aide à avancer vers des espaces intérieurs plus sereins. Le moissonneur est le contrepoint d'une figure qui apparaît quelques années plus tôt dans son oeuvre, Le Semeur, qui s'inspire de Millet. Mais il revêt alors, dans ce moment de sensibilité exacerbée, une symbolique funèbre. Ainsi qu'il l'écrit à son frère Théo : " J'y vis alors ce faucheur - vague figure qui lutte comme un diable en pleine chaleur pour venir à bout de sa besogne, j'y vis alors l'image de la mort, dans le sens que l'humanité serait le blé qu'on fauche. C'est donc - si tu veux - l'opposition de ce semeur que j'avais essayé auparavant. Mais dans cette mort rien de triste, cela se passe en pleine lumière avec un soleil qui inonde tout d'une lumière d'or fin ". Il est vrai que le travail de la terre est chez lui souvent envisagé comme une lutte, plus encore que comme un rythme harmonieux entre l'homme et la terre. Mais ici, l'ensemble prend un sens presque visionnaire, puisque le peintre sera lui-même fauché par une balle dans un champ de blé, quelque temps plus tard, près d'Auvers-sur-Oise. Suicide ou accident, tel que cela a été avancé il y a peu ? Nul ne saura, mais l'intuition de van Gogh est d'autant plus impressionnante qu'elle est presque prémonitoire.
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