Chefs d'oeuvre de la peinture paysagère en Provence >

Menerbes

Version mobile

Menerbes

Nicolas de Staël, Ménerbes, 1954

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Perché sur son éperon rocheux, Ménerbes est classé parmi les " plus beaux villages de France ". Pourtant, ce site ne conduit pas le peintre Nicolas de Staël à opter pour le pittoresque. Se concentrant exclusivement sur la silhouette des bâtisses encadrées de pins, il compose une géométrie de couleurs sur le fond bleu du ciel. Ne cherchons pas une ressemblance littérale : le peintre désire avant tout restituer un rythme, et par ce rythme, une émotion. Avec son installation à Ménerbes en 1953, dans la villa le Castelet, c'est la lumière et la couleur du midi qui éclairent une peinture volontiers tourmentée. L'installation en Provence représente pour l'artiste une période d'apaisement, après New-York et Paris. Les couleurs deviennent plus légères. La peinture, posée au couteau à palette, paraît néanmoins plus fluide, comme habitée par cette lumière en fusion. Les années 1950 sont pour l'artiste des années d'intense création et d'expérimentation. Par sa manière singulière, Staël réussit l'exploit de réconcilier les opposés : abstraction et figuration, géométrie et émotion. Les années d'après-guerre se distinguent en effet par une bataille rangée entre les tenants d'une abstraction lyrique, reposant sur le geste, et ceux d'une abstraction géométrique, plus cérébrale. " Abstraction chaude " contre " abstraction froide " s'envoie-t-on alors à la tête par le biais de la critique. Ce sont les héritiers de Kandinsky contre ceux de Mondrian. De Staël, lui, reste souverainement indépendant au milieu de la bataille. Il y gagne alors un statut particulier, auréolé de cet exploit d'avoir réussi l'union impossible.
Retour haut de page