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Marseille Porte de l'Orient

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Marseille Porte de l'Orient

Pierre Puvis de Chavannes, Marseille, porte de l'Orient, 1869, Marseille, musée des Beaux-Arts

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Bien que lyonnais d'origine, Puvis de Chavannes est choisi pour décorer le nouveau musée des Beaux-Arts, dans une aile du palais de Longchamp construit par l'architecte Espérandieu. C'est que Puvis est réputé pour la qualité de ses décors monumentaux et certainement le plus grand peintre décorateur de son temps. Il orne de ses peintures de nombreux musées français, mais aussi le grand amphithéâtre de la Sorbonne, l'Hôtel de Ville de Paris, ou la bibliothèque publique de Boston. Ici, l'artiste choisit d'illustrer un poème de Victor Hugo, qui présente Marseille comme la porte de l'Orient. Cette peinture fait face à son pendant : Marseille, colonie grecque. C'est une vision atemporelle que Puvis met en scène, d'un point de vue inhabituel puisqu'il propose une approche de la ville depuis la mer. Il place le spectateur sur le pont d'un bateau amenant les marchands et les migrants, en une représentation des peuples orientaux exceptionnelle. L'aspect de la peinture est des plus étranges et soulève la colère de la critique au Salon de 1869 : l'absence d'ombres, l'aspect plat de la composition, malgré la perspective des planches du pont, la simplification du dessin provoquent l'indignation. La couleur mate imitant la fresque irrite ses contemporains, et les amène à comparer Puvis à un nouveau Primitif. C'est précisément tout ce qui plait à la jeune génération, de Signac à Matisse et Picasso. Van Gogh lui-même résume fort bien ce que ces jeunes audacieux aiment en lui : " une rencontre étrange et heureuse des antiquités fort lointaines avec la crue modernité ".
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