Chefs d'oeuvre de la peinture paysagère en Provence >

Marseille, fenêtre sur le vieux-Port

Version mobile

Marseille, fenêtre sur le vieux-Port

Henri Manguin, Marseille, fenêtre sur le Vieux-Port, 1925, Martigues, musée Ziem

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
L'ancien Fauve du Salon d'Automne de 1905, l'ami de Matisse et de Marquet, est aussi l'un des artistes les plus engagés dans la création du musée de L'annonciade à Saint-Tropez. Ses liens avec Signac, qui y habite, explique son goût pour le sud, et pour cette lumière particulière que bien des peintres sont venus y chercher. En particulier ces jeunes révolutionnaires de 1905, partis à Collioure pour changer la peinture : les Fauves. Mais Manguin est sans doute l'un des plus pondérés, préférant aux flambées de couleur l'intimité d'une fenêtre donnant sur le vieux port de Marseille. Il est vrai que nous sommes ici dans les années plus classiques de l'entre-deux guerres, que ce " retour à l'ordre " a coïncidé pour bien des artistes à un moment d'apaisement et de classicisme. Manguin a d'ailleurs toujours fait confiance à sa sensation première. Il demeure dans des limites plus objectives, plus proches du motif, que Matisse ou Marquet. Cependant, le peintre ne revient pas à un paysage classique, qui embrasserait l'ensemble du vieux port, en une vue panoramique, à la manière de Poussin. Il préfère la géométrie décentrée d'une embrasure donnant sur le clocher des Accoules, le reflet de la lumière sur les façades face à la pénombre d'un intérieur. L'intimité d'une nature morte au premier plan dont les contours répondent aux flancs de la barque au second plan. Géométrie et couleurs claires s'équilibrent harmonieusement, en un point de vue qui est avant tout intime et suggestif. Il donne ainsi du vieux port une connaissance intériorisée, comme si nous y avions toujours habité.
Retour haut de page