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Les paveurs de Saint-Rémy-de-Provence

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Les paveurs de Saint-Rémy-de-Provence

Les paveurs de Saint-Rémy-de-Provence, Vincent van Gogh, 1889, Museum of Art, Cleveland

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C'est la reconstruction du boulevard Victor-Hugo à Saint-Rémy, alors connu sous le nom de Cours de l'Est, que van Gogh représente, dans une toile un peu inhabituelle. Pendant l'automne 1889, le peintre réalise deux peintures très proches, dont la seconde est conservée à Washington, à la Phillips Gallery. Il décrit lui-même la scène dans une lettre à son frère Théo, datée du 7 décembre : " La dernière étude que j'ai faite est une vue du village, où ils étaient au travail - sous d'énormes platanes - réparant les pavés. Il y a là des tas de sable, des pierres et des troncs gigantesques. Les feuilles jaunissent ici, et là s'ouvre un aperçu sur une façade de maison et des petites figures ".
Toute descriptive soit-elle, cette lettre accentue ce qui a frappé l'artiste et qui domine la composition : les pierres et les troncs énormes écrasant les petites silhouettes des travailleurs et des passants. Là encore, la confrontation est à l'avantage des arbres, vivant d'une touche mouvante, alors que les figures sont en aplats, comme dénuées de substance. La flamboyance des feuilles jaunes dans le haut de la composition est d'autant plus vive qu'elle est soulignée par un cerne noir autour des arbres, véritables êtres vivants de cette peinture. Van Gogh revient à un sujet qui l'a passionné pendant les années de jeunesse, passée en pays du Brabant. Enfermé à l'hospice Saint-Paul, il peint ce qu'il voit et les rares échappées permises dans la ville, mais aussi ce dont il se souvient. Et l'on sait que van Gogh a beaucoup peint les travailleurs de son pays. C'est ainsi que ce tableau doit être vu, comme une superposition du passé et du présent.
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