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Les Martigues

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Les Martigues

Raoul Dufy, Les Martigues, 1903, Martigues, musée Ziem

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Entre l'étang de Berre et la Méditerranée, Martigues est une ville qui a tout pour séduire les peintres à la recherche de la lumière du sud. Raoul Dufy est de ces amoureux de l'eau : né au Havre, c'est aussi un amateur de régates.
Cette petite Venise provençale inspire bien des artistes. En 1903, Dufy y réalise quelques peintures qui exaltent cette qualité particulière de la lumière due à la présence de l'eau au coeur de la ville. Des canaux y propagent les reflets et multiplient les arches des ponts, en une vue particulièrement pittoresque. À ce moment, le jeune artiste en est encore aux premières expériences, après une formation à l'école des Beaux-Arts de Paris, et sa première exposition au Salon des Indépendants. L'influence impressionniste est encore très sensible ici. On la retrouve dans le naturalisme des tons et dans la touche divisée qui détache les reflets dans l'eau, pan de mur blanc ou coque jaune. Mais l'on sent apparaître une sensibilité particulière à la lumière : il monte la valeur des tons, peint l'eau d'un bleu vert très sombre, le ciel gris acier, contrastant avec les murs éclairés. En particulier ceux de la façade de l'église, très nettement dessinée par des ombres fortes. Ce sens du dessin, affirmé par le contraste lumineux, ne fait pas éclater les contours à la manière d'un Monet, mais souligne au contraire le tempérament de l'artiste. Ce dernier, découvrant Matisse en 1905, a la révélation de ce qu'il nomme la " lumière couleur ", qui repose essentiellement sur les contrastes de couleurs, même irréelles, et non sur les effets solaires, plus réalistes. Il la décrit lui-même comme " une lumière de répartition, de composition, une lumière couleur ".
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