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Les Alyscamps

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Les Alyscamps

Paul Gauguin, Les Alyscamps, 1888, Paris, musée d'Orsay

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Paul Gauguin rejoint son ami Vincent Van Gogh en 1888 alors qu'ils échangent leurs avancées mutuelles par correspondance depuis des mois.
Dans Les Alyscamps, le peintre élit un motif emblématique d'Arles, la nécropole romaine devenue chrétienne au IIIe siècle, par la consécration de saint Trophime, premier évêque d'Arles. Pourtant, de ce séjour des bienheureux - les Champs Élysées en provençal- , il ne retient rien de pittoresque : aucun tombeau, juste la tour lanterne et un petit pan de mur de l'église romane de Saint-Honorat. La mélancolie émane néanmoins de ce lieu étrange, sans doute recréé en atelier. Sans doute, la petite taille des deux Arlésiennes en costume traditionnel, accompagnées d'un homme, procure cette sensation d'êtres perdus dans un paysage qui n'est pas à taille humaine. C'est pourtant de manière ironique qu'il nomme le tableau : Trois Grâces au temple de Vénus. Mais l'essentiel réside moins dans le sujet que dans la facture singulière de Gauguin : plus synthétique, plus mesurée dans la touche que celle de son compère Vincent, il fond des petites stries parallèles inspirées de Cézanne pour composer un espace presque vertical, comme nous pouvons le voir dans l'eau du canal ou dans la végétation du premier plan. Il contredit ainsi l'impression de profondeur créée par les lignes perspectives du chemin. Parfois, des hachures légères se fondent dans le bleu gris du ciel. Les teintes elles-mêmes, très vives, sont presque irréelles dans leur intensité automnale : de l'orange flamboyant au rouge le plus vif, elles ne cherchent pas le réalisme, mais une saturation subjective et décorative.
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