Chefs d'oeuvre de la peinture paysagère en Provence >

Le viaduc à l'Estaque

Version mobile

Le viaduc à l'Estaque

Georges Braque, Le Viaduc à l'Estaque, 1908, Paris, musée national d'Art moderne, centre Georges Pompidou

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Après une première période fauve, Braque retourne à l'Estaque à l'été 1908, sur les traces de Cézanne. C'est là qu'il réalise un ensemble de paysages dans lesquels il systématise sa recherche d'une simplification par des formes géométriques. Loin du fauvisme, cette fois, il s'attache à rendre sensible la présence physique des choses, dans un espace qu'il qualifie de tactile. Il tourne ainsi le dos à un espace panoramique, construit selon les lois de la perspective. Ici, l'affirmation des formes géométriques des toits et de l'aqueduc le conduit peu à peu à une palette de plus en plus réduite, bien plus réaliste que celle de sa période fauve. La touche s'inspire elle aussi délibérément de Cézanne : lisse dans les parties d'architecture, elle vibre en petites stries parallèles dans les arbres et le ciel. Le pinceau souligne les contours d'ombres bleues, et accentue encore cette géométrie simplifiée. L'accumulation des toits et des cubes qui évoquent les maisons dans le centre de la composition accentue leur présence physique, au détriment de la vraisemblance spatiale : la dislocation de l'espace s'inspire encore de Cézanne. Mais Braque en accentue l'intensité, comme si une secousse tellurique avait soulevé les maisons. À son retour de l'Estaque, il se voit refuser ses toiles au Salon d'Automne ; Matisse lui-même, membre du jury d'admission, ironise sur " un tableau fait de petits cubes ". Braque expose néanmoins le fruit de ses recherches dans la galerie d'un jeune marchand, Henri Kahnweiler. Apollinaire en préface le catalogue. Le cubisme est né !
Retour haut de page