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Le Port de la Ciotat

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Le Port de la Ciotat

Georges Braque, Le Port de la Ciotat, 1906, Paris, musée national d'Art moderne, centre Georges Pompidou

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Georges Braque, en 1906, n'est pas encore le peintre cubiste que l'on connaît. Sous l'influence de jeunes révolutionnaires du Salon d'Automne de 1905, il peint ses premières toiles fauves. À l'instar de Matisse et Derain, il reprend l'idée d'un trait de couleur pure, empruntée à Signac, pour restituer une lumière intense. C'est ainsi que son port de la Ciotat s'enflamme de couleurs, plus irréelles que dans la peinture de Signac : des verts et des jaunes dans le ciel, des roses et des violets dans l'eau. Gauguin, on le sait, est passé par là, et a libéré la couleur de sa valeur illusionniste. Pour restituer les feux d'un soleil couchant, il n'est plus besoin de peindre fidèlement la nature. Il s'agit plutôt de la rendre plus intense, plus expressive. De Gauguin toujours, nous retrouvons les contours accentués, dans les lignes bleues qui dessinent les barques, ou dans celle du quai. La géométrie rouge des toits maintient elle aussi l'intégrité de la forme. Sans cela, les touches feraient éclater les contours. Pourtant, une peinture de Braque ne ressemble à aucune autre : la diversité des tons, les nuances délicates de roses, de mauves, d'orangés ne se trouvent pas dans la peinture de Matisse ou de Derain, à la même époque. C'est là l'expression d'un tempérament singulier.
Braque reviendra deux ans plus tard mais à l'Estaque, et peindra le port et ses environs. A ce moment, les choses ont changé, et l'influence de Cézanne amorce une nouvelle phase : le cubisme.
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