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Le canal Saint-Jean

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Le canal Saint-Jean

Louis-Mathieu Verdilhan, Le Canal Saint-Jean, années 1920, Paris, musée d'Art moderne de la ville

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Cet ancien peintre en bâtiment devient décorateur à Paris en 1898, avant de se lancer dans une carrière d'artiste. Au Salon des Indépendants, puis au Salon d'Automne, Apollinaire le remarque pour ses " éclatantes vues de Provence ". De l'exemple des Fauves au début du XXe siècle, il garde une facture simplifiée, qui dessine les formes par des contrastes de couleurs en aplats et des contrastes de lumière, refusant le sens du détail. À partir de 1916, c'est une autre influence qui le conduit à cerner ses formes de contours noirs et brutaux : celle de Cézanne. C'est ainsi que l'artiste nous présente le canal Saint-Jean, qui relie le vieux port à celui de la Joliette.
Dans cette vue du canal, Louis-Mathieu Verdilhan prête moins d'attention au pittoresque de l'arrière-plan qu'au rythme du mât et de ses cordages, imposants par leur taille. Le pont transbordeur, qui permettait une communication d'une rive à l'autre par une nacelle, leur répond. Face à l'architecture sur le plan gauche, l'échelle du bateau lui donne une vraie monumentalité. L'artiste parvient à créer une peinture forte malgré l'absence de couleurs vives, et même blanchies à l'arrière-plan pour estomper les lointains. Les formes simplifiées, les contours noirs communiquent une vitalité à une composition centrée sur des verticales, dynamisée par les obliques des lignes de fuite et celles du pont transbordeur, sur la droite. Sans pouvoir qualifier cette peinture d'expressionniste, elle en possède la vitalité et l'énergie.
Avec Verdhilan, une seconde génération de paysagistes provençaux est née !
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