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Le Bec de l'aigle à La Ciotat

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Le Bec de l'aigle à La Ciotat

Le Bec de l'aigle à La Ciotat, Émile Othon Friesz 1907, Béziers, musée des Beaux-Arts

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Othon Friesz est havrais d'origine. C'est un détail qui importe car Le Havre va jouer un rôle important dans la diffusion du fauvisme. Cette ville est en effet l'une des premières en France à se doter d'un cercle d'artistes et de collectionneurs, le Cercle de l'Art Moderne, qui organise les premières expositions d'avant-garde. Les premiers contacts se nouent par le biais des artistes, Braque ou Othon Friesz, qui ont connaissance de l'explosion fauve au Salon d'Automne de 1905. Dès l'année suivante, une réédition de cette exposition est organisée au Havre, à la stupeur de certains critiques conservateurs. C'est ainsi que le journaliste Robert de la Villervé écrit, lors de cette première exposition du Cercle : " Le Havre bataille. Il y a des Capulets et des Montaigus ". En 1907, Friesz, présent dans le Sud de la France, peint le paysage de La Ciotat dans ce style caractéristique du fauvisme, proche de Braque au même moment. Les couleurs les plus fortes et les plus irréelles dépeignent cette avancée rocheuse spectaculaire qui semble défier le ciel. Des roses, des bleus et des jaunes font éclater la clarté de la lumière du Sud sur les pentes tandis qu'un trait de rouge en souligne le caractère abrupt. Les références communes aux Fauves, Gauguin et van Gogh, sont encore sous-jacentes, mais Friesz dépasse cela dans une frénésie de couleurs. Celles-ci, plus nuancées que dans les toiles de Matisse et de Derain, trouvent ici un accent particulier, entre sauvagerie et raffinement.
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