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La Montagne Sainte-Victoire

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La Montagne Sainte-Victoire

Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire, v. 1887-1889, Paris, Musée d'Orsay

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On ne sait plus aujourd'hui si nous verrions de la même manière la montagne Sainte-Victoire sans Cézanne, tant celle-ci a pris corps dans sa peinture. Motif favori du peintre, elle se voit détaillée sous tous ses angles : au plus près des carrières de Bibémus, qui ont servi à excaver les pierres qui ont construit Aix, ou de manière plus lointaine, sur l'autre versant, comme dans cette peinture du musée d'Orsay. Cézanne, à la fin des années 1880, parvient enfin à une maturité éclatante, après des années de recherches et d'expériences qui ne cesseront jamais. De ses années de peinture auprès de Camille Pissarro, à Auvers-sur-Oise, l'artiste retient la pratique du plein air, une palette claire, une touche en petites stries qui restitue la vibration de la lumière. Mais Cézanne ne se satisfait pas de la capture de l'instant, de l'éphémère. C'est une peinture plus construite, plus solide, qui s'élabore dans les années 1880, après sa séparation du groupe impressionniste. Nous le voyons ici, la direction des touches modèle les volumes, l'opposition du clair et du sombre sculpte les formes dans la lumière, des reliefs de la Sainte-Victoire à celles plus flamboyantes des pins et de la végétation au premier plan. Un sens très architectural du paysage se déploie ici : au petit mur du premier plan, coupé, à droite, répond la ligne de l'aqueduc dans le lointain, tandis que les maisons éparses composent une géométrie forte. Tous les contours sont accusés, empêchant ainsi les formes de se dissoudre dans la lumière, à l'opposé de Monet : une vraie recherche de géologue !
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