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L'Estaque, vue du Golfe de Marseille

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L'Estaque, vue du Golfe de Marseille

Paul Cézanne, L'Estaque, vue du golfe de Marseille, v. 1878-1879, Paris, musée d'Orsay

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Cette peinture de Cézanne est la première à entrer dans les collections nationales, grâce au legs du peintre Gustave Caillebotte en 1894. Le tableau déconcerte les visiteurs du musée du Luxembourg, où il est exposé, mais attire les artistes et les engage à aller sur les pas du maître, à l'Estaque. Car ce golfe de l'Estaque est l'un des motifs les plus importants dans la peinture de Cézanne : c'est là qu'il fait ses premières marines en 1876, et prend conscience de ce "soleil effrayant" qui transforme les objets en silhouettes. Cette lumière écrasante est bien restituée par la densité du bleu de la mer, posé en aplat, si dense que le golfe apparaît verticalement, au-dessus de la côte, et non en profondeur. Le peintre obtient ce rendu en soulignant également les contours des toits et de la cheminée du premier plan, en accentuant les contrastes lumineux sur les reliefs de la montagne, dans le fond de la composition. Pourtant, la facture de l'oeuvre n'est pas partout la même : plus légère et nuancée dans la ligne du ciel, elle vibre, par petites touches parallèles, dans la végétation du premier plan. L'expérience impressionniste, aux côtés de son ami Pissarro, a bel et bien laissé au peintre une palette claire et le sens de la vibration lumineuse. Néanmoins, la construction spatiale, en bandes superposées, est très géométrique. Elle annonce une évolution vers une structure de plus en plus affirmée, qui fascine au début du XXe siècle les jeunes peintres cubistes, Braque en particulier, qui revient à l'Estaque sur les pas de son maître spirituel.
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