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L'entrée du Port de Marseille

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L'entrée du Port de Marseille

Paul Signac, L'Entrée du port de Marseille, 1918, Marseille, musée Cantini

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Le port de Marseille trouve en Signac l'un de ses peintres fidèles : à gauche, on peut reconnaître la tour du roi René, tandis que les deux clochers à l'arrière-plan appartiennent à l'église des Réformés, en haut de la Cannebière. Signac poursuit là son oeuvre en toute quiétude, alors même que la première guerre mondiale touche à son terme. Le peintre est toujours plongé dans ses recherches sur la lumière et la couleur, appliquée par petits points de couleur pure, qui s'élargissent dès 1895 en un trait. Le port de Marseille se voit alors métamorphosé en une mosaïque de couleurs flamboyantes, qui paraissent incendier le port. Ce flamboiement de roses et de rouges est rehaussé de couleurs froides, verts et bleus légers dans le ciel, outremer et violet dans le ponton d'amarrage du premier plan à gauche. La largeur des touches est compensée par la structure appuyée des lignes : horizontales des voiles et des toits de la ville, opposés aux verticales des mâts et des poteaux d'amarrage au premier plan. Sans cette structure, l'ampleur des touches et la multitude des couleurs feraient voler en éclat l'unité du paysage. L'intensité des couleurs n'a d'ailleurs cessé de monter dans son oeuvre, poursuivant un but qu'il définit lui-même dans traité D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, en 1898 : " l'effet recherché par les néo-impressionnistes et assuré par la division, c'est un maximum de lumière, de coloration et d'harmonie. " C'est ainsi qu'il ouvre la voie au Fauves, Matisse et Derain les premiers, qui viennent dès 1905 travailler dans le sud, à Collioure.
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