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Château-Noir

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Château-Noir

Paul Cézanne, Château noir, 1903-1904, Paris, musée Picasso

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Après la vente de la propriété familiale en 1899, le Jas de Bouffan, Cézanne explore plusieurs sites environnants. C'est le cas du château noir, une bâtisse néo-médiévale du XIXe siècle et dont la légende populaire voulait qu'elle soit la maison du diable. Ce n'est visiblement pas cette lugubre réputation qui attire l'attention de l'artiste mais bel et bien ses qualités plastiques : refusant toute forme de pittoresque ou de suggestivité, Cézanne immerge le château dans la végétation de la colline, pour mieux mettre en valeur ses formes ocres et cubiques. La couleur autant que la régularité de la bâtisse contrastent avec la densité végétale. Celle-ci vibre de cette petite touche si reconnaissable, en stries parallèles, verticales au premier plan, obliques dans les détails du pin et du ciel. Cette vibration parvient à procurer la sensation d'un paysage méditerranéen grésillant sous la lumière et la chaleur, dans un ensemble d'une densité presque étouffante. Émergeant de là tel un vaisseau de pierre, le château permet de retrouver un équilibre et une construction. Ce savant mélange de vitalité et de sensations construites fit précisément la postérité de Cézanne, en particulier auprès d'artistes tels que Picasso, qui aimèrent son oeuvre au point de la collectionner. À l'instar de Matisse qui ne se séparait pas d'un tableau de Baigneuses, Picasso recherchait les oeuvres de Cézanne, et alla jusqu'à s'installer dans ce château au pied de la Sainte-Victoire, proclamant volontiers : " J'habite chez Cézanne ! ".
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