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Vence

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Raoul Dufy, Vence, 1919-1920, Nice, musée des Beaux-Arts

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C'est au cours de son séjour à Vence que Raoul Dufy évolue de manière rapide dans son travail. Celui-ci prend alors une vivacité et une ampleur inédite. Pourtant, cette vivacité pourrait à première vue déconcerter. Dans cette vue panoramique de la ville de Vence, tout surprend : le cadrage qui semble couper la toile en deux points de vue différents, l'une sombre, et l'autre lumineuse, les deux s'opposant dans des perspectives différentes. La densité même des noirs est totalement inhabituelle et correspond peu à ce que les artistes ont retenu de la lumière et de la douceur du sud. La géométrie appuyée de la ville elle-même compose une masse compacte, hérissée de toits, dont la vigueur peut paraître violente. C'est que Dufy a complètement tourné le dos à ses jeunes années, marquées par le fauvisme et son amour de la couleur. En 1907, il découvre au Salon d'Automne l'oeuvre de Cézanne qui le marque durablement. Le cerne qui souligne les contours, la densité des couleurs et la multiplicité des points de vue, quitte à tordre l'espace, tout cela lui est emprunté. Dufy pousse même l'idée jusqu'à juxtaposer deux temps différents sur le même tableau : vue de jour et vue de nuit. Mais le plus singulier est peut-être sa manière de dessiner sur la couleur, de façon indépendante, comme nous le voyons dans le tracé des maisons et des remparts. C'est une manière singulière et unique en son temps, qui nourrit un sens décoratif de l'art. Sens qu'il développe d'ailleurs avec le couturier Paul Poiret, avec qui il fonde une entreprise de décoration et d'impression de tissus. Dufy peint comme d'autres brodent : un dessin sur de la couleur !
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