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Tempête à Nice

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Tempête à Nice

Henri Matisse, Tempête à Nice, 1919-1920, Nice, musée Matisse

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Après sa période fauve, Matisse est marqué par une influence partagée par de nombreux artistes à ce moment : celle de Cézanne, exposé au Salon d'Automne de 1907. Cela le mène à la recherche de formes simples et structurées, délaissant la couleur irréelle des années du fauvisme. C'est pour cela que sa Tempête à Nice, bien que surprenante pour cet amoureux de la couleur, est en fait cohérente avec l'ensemble de son travail. Cette vue de la promenade des Anglais depuis sa fenêtre poursuit sa réflexion sur ce thème entrepris pendant la guerre. Ici, nous n'apercevons de la fenêtre que le balcon du premier plan. Garde-fou face aux éléments déchaînés. Car c'est bien le coeur de ce tableau étonnant, à la touche furieuse, ce qui est rare chez Matisse. La sensation de bourrasque qui emporte tout sur passage, le peintre la restitue d'abord par un cadrage de biais. Les lignes de fuite presque parallèles semblent ainsi glisser du bord droit du tableau vers son angle gauche. Arbres, passants, tout paraît suivre ce mouvement, comme si le vent s'était matérialisé dans le corps de la peinture. La touche hérissée posée en chevrons, sur le bord du rivage, les grandes traînées dans le ciel, à coups de brosse, contribuent à ce sentiment d'assaut et de danger augmentée par l'absence de détails. Seul le tronc des arbres constitue un rythme qui semble résister dans ce concert de gris, bleus acier et verts : couleurs froides qui participent pleinement à la sensation de tempête. Matisse, peintre du bonheur et de la couleur, se révèle ici capable de peindre leur contraire. Rarement dans son oeuvre, l'épuration s'était mise aussi efficacement au service d'un trouble.
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