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Saint-Tropez, le quai

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Saint-Tropez, le quai

Paul Signac, Saint Tropez, le quai, 1899, Saint-Tropez, musée de l'Annonciade

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C'est par l'installation de Signac à Saint-Tropez que ce lieu devient un véritable laboratoire d'expériences pour les jeunes peintres de l'avant-garde venus rejoindre l'artiste. Lui-même a l'impression d'y découvrir un paradis terrestre, comme il l'écrit : " Devant les rives dorées du golfe, les flots bleus venant mourir sur une petite plage (...). Dans le fond des silhouettes bleues des Maures et de l'Estérel. J'ai là de quoi travailler pendant toute mon existence. C'est le bonheur que je viens de découvrir. " Dans les années 1890, la grande innovation technique du divisionnisme, qui sépare les tons en petites touches de couleurs pures, a évolué sous l'impulsion de Signac. Le point s'est élargi, est devenu plus spontané. Dans cette toile, c'est cette liberté qui donne à l'oeuvre sa dynamique. Car la composition est en effet des plus équilibrées, et repose sur les horizontales du quai, de la digue, répondant aux verticales des maisons et du clocher sur la droite. Mais l'oblique des mâts est animé de ces petits traits de couleurs vives qui soulignent l'impulsion du vent, telle cette voile rouge au premier plan, prête à quitter le quai. Le ciel lui même vibre de leur tourbillon, suggérant un nuage de nuance rose. Même si le jeu des complémentaires se poursuit, touches d'orangé faisant vibrer le bleu, ou vert d'une coque relevant le rouge d'une voile, il est lui aussi plus libre. Sérénité et animation : voilà les deux pôles complémentaires auxquels parvient l'artiste, dans une harmonie bien faite pour traduire ce paradis de lumière et de douceur.
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