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Promenade des Anglais

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Promenade des Anglais

Edvard Munch, Promenade des Anglais, 1891, collection particulière

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C'est une oeuvre de jeunesse que Munch réalise avec cette Promenade des Anglais, à Nice. Une telle toile peut surprendre de la part de celui sui est surtout connu pour son expressivité et sa matérialisation de l'angoisse. Ici, à l'inverse, tout est lumineux et serein! C'est que Munch, lors de son séjour en France entre 1889 et 1892, est d'abord réceptif à l'impressionnisme. C'est effectivement à cela que l'on pense, devant cette palette claire, cette touche apparente, ces formes simplifiées. Le bleu léger du ciel, les petits traits de verts dans le feuillage des arbres, tout cela évoque fortement Monet, présent lui aussi mais dans les années 1880, dans le sud de la France. Pourtant, la toile est singulière et ne pourrait se confondre avec un membre du groupe : Munch possède une appréhension de l'espace qui lui est en effet bien particulière. Ouvrant de plain pied sur le premier plan, la promenade nous introduit dans un espace ouvert, dont l'amplitude est soulignée par une mise en perspective très abrupte. Peu de détails et peu de promeneurs accentuent cette impression, de même que la planéité de la couleur, presque sans modulations et sans reflets, à l'inverse d'un Monet. Malgré des lignes de fuite très accentuées, la première impression est celle d'un espace lisse, qui contredit cette profondeur. Les contrastes sont plus francs, plus violents aussi, par ces quelques taches de couleur bleue au pied des arbres. Monet aurait sans doute ajouté à cela une multitude de petites notations de reflets, de demi teintes. Munch est plus franc, plus brutal, et annonce clairement un tempérament qui ne tarde pas à évoluer vers une vision beaucoup plus onirique, plus violente aussi.
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