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Paysage, Le Cannet

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Paysage, Le Cannet

Pierre Bonnard, Paysage, le Cannet, 1924, Lille, Palais des Beaux-Arts

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Bonnard fait partie de ces amoureux du sud qui, en visite à Saint-Tropez auprès de son ami Manguin en 1909, en tombe amoureux. Comme il le dit lui-même : " J'ai eu un coup des Mille et Une Nuits : la mer, les murs jaunes, les reflets aussi colorés que la lumière... ". Après des séjours réguliers dans une villa proche de Cannes, il finit par acheter sa propre maison au Cannet, en 1926. Cette campagne autour du Cannet, il la sillonne en tout sens, prend le sentier des collines dès le petit matin pour embrasser la baie de Cannes. Il y réalise de somptueux paysages, tels cette oeuvre de 1924, tout à fait singulière dans son temps. Car Bonnard peint de manière totalement indépendante, sans tenir compte des tendances contemporaines. Après ses années de jeunesse marquées par le symbolisme et l'influence de l'art japonais, il revient à une pratique qui s'appuie essentiellement sur la couleur. De ces anciennes amours pour les gravures japonaises, il garde un sens particulier de la composition, volontairement déséquilibrée. Tandis que les couleurs vives des toits et de la végétation éclatent dans le bas de la toile, les deux tiers sont consacrés au ciel, dans un mouvement de bascule qui donne une respiration à l'ensemble. Les bleus légers s'y déploient, aériens, répondant aux couleurs plus denses, plus nombreuses, du registre du bas. Cette touche qui effleure la toile, il la doit à une influence essentielle : celle de Renoir, son ami, qu'il visite régulièrement dans sa ville de Cagnes, jusqu'à sa mort, en 1927. Bonnard est ainsi l'un des rares peintres à perpétrer cet héritage de l'impressionnisme, dans les années Vingt.
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