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Paysage de Juan-les-Pins

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Paysage de Juan-les-Pins

Pablo Picasso, Paysage de Juan-les-Pins, 1920, Paris, musée Picasso

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Après la première guerre mondiale, Picasso revient à des formes plus classiques, inspiré en cela par sa jeune femme, Olga, rencontrée à Rome. Pourtant, il est visible devant ce paysage, réalisé à Juan-les-Pins que le classicisme n'est pas vraiment de mise. C'est peut-être l'un des traits les plus déconcertants de Picasso : sa capacité à passer d'un style à l'autre, ou même d'expérimenter plusieurs styles en même temps. Ici, le paysage se découpe dans la toile comme si l'artiste y avait inclut un cadre, ou comme s'il le contemplait par une fenêtre dont nous apercevons les montants de bois. Même si nous reconnaissons parfaitement un paysage, tout est stylisé d'une manière peu réaliste : la végétation sous forme de petits pointillés vert, ocre, et noir, les bâtiments dessinés dans la couleur de manière très simplifiée et géométrique. Le soleil lui-même se détache comme un oeil jaune souligné de cils rouges et blanc au-dessus d'un palmier bleu, tandis qu'un pan de mer paraît surplomber la ligne des toits. Picasso n'a rien perdu, en fait, de ses expériences cubistes. La dislocation de l'espace, la réduction des éléments à de simples signes, et cette manière de détourer l'espace en brun, comme un tableau dans le tableau, nous retrouvons tout cela dans la dernière phase cubiste. Mais ici, la couleur vive retrouve sa place, certainement sous l'impact du soleil méridional, sans rien perdre de la solidité des formes. Formes qui se déploient avant tout comme un jeu visuel : ainsi des vagues qui se répondent, des balcons à la mer, ou le cintre noir de l'arche, au premier plan, que l'on retrouve à nouveau dans une sorte de forme végétale bleue. Face au motif, le peintre fait décidément ce qu'il veut !
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