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Marche à Sanary

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Marche à Sanary

Marché à Sanary, Jean Puy, 1925, Saint-Tropez, musée de l'Annonciade

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Formé à l'école des Beaux-Arts de Lyon, Jean Puy ne tarde pas à se lier d'amitié avec les jeunes Fauves du Salon de 1905 à Paris, auquel il participe. En 1899 dans la capitale, il entre à l'académie Julian et fréquente les ateliers d'Eugène Carrière et de Gustave Moreau. C'est là qu'il rencontre Henri Matisse et André Derain. Par le dialogue qu'il noue avec eux, il évolue du pointillisme vers une forme plus douce de fauvisme.
L'attrait pour le Sud, partagé par tous ces artistes, ne surprend pas, dès lors. De Sanary, cette petite ville proche de Toulon, il peint l'animation des quais, le marché et ses étals. Plus proche par le sujet de Dufy ou Othon-Friesz, que de Derain ou Matisse, c'est visiblement la vie quotidienne qui l'intéresse, tout autant que l'aspect décoratif des étals.
Du fauvisme, il retient une qualité de lumière aveuglante, une composition par aplats de couleurs, rendue plus verticale ici par un point de vue en plongée. Mais Jean Puy demeure indépendant et reste dans les limites d'une peinture plus illusionniste que celle de Matisse ou de Derain. Pas d'eau rose ou rouge, de quais violets ou verts, mais le contraste d'ombre et de lumière d'une fin de journée. C'est ce contre-jour qui lui permet d'obtenir des effets décoratifs assez radicaux : palmiers noirs sur fond orangé, ombres portées immenses qui rythment l'espace de leurs diagonales. À cela s'opposent les rythmes plus serrés des cageots de fruits et des sacs d'épices ou de légumes. Malgré le contraste du clair-obscur et le point de vue abrupt, c'est par ces contrepoints que l'artiste obtient une harmonie paisible.
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