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Luxe, calme et volupté

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Luxe, calme et volupté

Henri Matisse, Luxe, calme et volupté, 1904, Paris, musée d'Orsay

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Parti rejoindre Signac à Saint-Tropez sur son invitation, Matisse donne ici une réflexion extrême sur la couleur, inspirée par l'exemple de son hôte. Il choisit de représenter un spectacle idyllique, au couchant, sur la plage : inspiré d'une scène familiale, il se voit transformée en une sorte de poème dédié à un âge d'or. Ce thème est très prisé des artistes de ce temps, nous le trouvons déjà chez son ami Edmond Cross ou chez un maître admiré, Pierre Puvis de Chavannes. Mais le traitement est complètement singulier, et annonce une révolution qui débouche l'année suivante sur la création du fauvisme. La touche divisée en petits points de couleurs pures, empruntée à Signac, est ici appliquée de manière très libre. Le trait s'est élargi au point de menacer l'intégrité de la forme. Par ailleurs, les couleurs ont atteint une telle intensité que tout le paysage s'enflamme de teintes irréelles : rouge, jaune, vert, violet, bleu irisent le ciel, la plage, les corps même. Le dessin s'est simplifié au point de paraître enfantin. Pourtant, couleurs et dessin paraissent lutter plutôt que s'harmoniser : si le cerne de contour disparaît autour des corps, touche et couleur ne composeront plus qu'une mosaïque abstraite. Ce que le peintre relève dans une lettre à Signac. Ce qu'il résout un an plus tard, en dessinant dans la couleur, par aplats de tons purs. Signac, conscient qu'il s'agit d'une avancée décisive, l'achète au jeune Matisse, et le lèguera à sa fille. Le tableau passe finalement dans les collections de l'état en 1982, à titre de dation.
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