Chefs d'oeuvre de la peinture paysagère sur la Côte d’Azur >

Le Fort d'Antibes

Version mobile

Le Fort d'Antibes

Claude Monet, Le Fort d'Antibes, 1888, Boston, Museum of Fine Arts

Partager sur Twitter Partager sur Facebook Envoyer par e-mail
Le Fort d'Antibes le mal nommé est en fait une vue de la ville d'Antibes et de sa cathédrale. Monet y reprend de manière quasi littérale un tableau d'Eugène Boudin de 1893. Cela n'est sans doute pas insignifiant quand l'on sait que c'est ce peintre qui l'initia à la peinture de plein air sur les plages de Normandie. Monet retient de cette pratique de toute une vie une science délicate de la lumière, qui s'attarde de plus en plus à capturer un instant, éphémère. Mais loin de saisir cela dans l'instant, c'est souvent un labeur acharné, mené sur plusieurs toiles de concert, selon les variations du temps et du déclin de la lumière. Face à une toile comme celle-ci, rose, verte et bleue, on peine à imaginer que les sentiments de Monet soient mélangés. Or, aux périodes d'enthousiasme succèdent souvent des périodes d'abattement. On en trouve quelques traces dans sa correspondance : " Temps idéal, c'est merveilleux, et voilà que je me sens un peu maître de moi ", puis : " c'est si difficile, si tendre et si délicat, et justement moi qui suis si enclin à la brutalité ". Pourtant, la brutalité de Monet ne saute guère aux yeux, devant la délicatesse des couleurs, demi-teintes de roses ou de bleus, blancs légers et colorés sur les montagnes de l'arrière-plan. De même, la touche, enlevée partout d'une manière aérienne, compose un paysage en bandes de couleurs superposées, à la manière des gravures japonaises. Tout est léger, printanier, rien ne traduit d'effort. C'est là toute la magie du peintre.
Retour haut de page