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Le Fort Carré d'Antibes

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Le Fort Carré d'Antibes

Nicolas de Staël, Le Fort carré d'Antibes, 1955, Antibes, musée Picasso

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C'est à Antibes que meurt Nicolas de Staël en 1955, l'année même où il peint Le Fort carré d'Antibes, après une longue dépression. Il ne faut peut-être pas voir pour autant dans les teintes sombres une représentation directe de son mal-être car sa dernière toile fut au contraire de couleurs vives, noir, jaune et rouge. Le paysage que nous avons sous les yeux évoque sans doute simplement une lumière de tempête. Car malgré l'apparence abstraite de ce tableau, nous devinons vite les formes : le carré massif du fort s'élève au-dessus d'une grève battue par les vagues. Il est d'ailleurs le seul élément vertical dans cette déferlante de touches horizontales, qui composent une symphonie de gris et de bleus délicats. La tonalité sombre du premier plan répond à la bande supérieure, le ciel, créant ainsi un sentiment légèrement angoissé face à ces éléments déchaînés. Chez de Staël, il est vain d'opposer l'abstrait au figuratif : sa peinture simplifie les formes au point de composer une mosaïque de bandes de couleurs, superposées verticalement. Il le dit d'ailleurs lui-même : "Je n'oppose pas, déclare t-il, la peinture abstraite à la peinture figurative, une peinture devrait être à la fois abstraite et figurative. Abstraite en tant que mur, figurative en tant que représentation d'un espace." Il n'en est pas moins vrai que c'est son sentiment devant le paysage qu'il parvient à nous faire ressentir. La fluidité de la couleur, caractéristique des dernières années, est pour beaucoup dans cette impression de déferlement, ainsi que les valeurs, si intenses que l'on pourrait presque parler de clair-obscur. Un vrai paysage romantique !
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