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La place aux herbes, Saint-Tropez

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La place aux herbes, Saint-Tropez

Charles Camoin, La Place aux herbes à Saint-Tropez, 1905, Saint-Tropez, musée de l'Annonciade

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Venu effectuer son service en Arles, le jeune élève des Beaux-Arts découvre alors la lumière du sud, mais s'y imprègne aussi de l'oeuvre de Van Gogh. Installé à Aix en 1902, où Cézanne le confirme dans sa vocation, il ne tarde pas à rejoindre ses amis Manguin et Marquet dans l'entourage de Signac. C'est ainsi qu'il peint cette Place aux herbes, qui accueille le premier marché de la ville de Saint-Tropez qui s'y tient encore tous les matins. C'est en cette compagnie qu'il découvre les voies de la couleur pure qui mènent au fauvisme : nous le voyons ici, l'artiste dessine dans la couleur, que ce soit le rose d'une robe ou le reflet de lumière sur les marches de l'escalier. Le dessin simplifié, la touche même contribue à l'explosion des couleurs. La peinture semble constituée de taches claires et vives qui s'assemblent pour reformer à quelques pas de distance le paysage ensoleillé d'une place. Pourtant, Camoin garde un tempérament qui lui est propre : moins violent dans les couleurs que ses autres camarades Fauves, il reste plus près de la nature. De même, l'effet de perspective de l'escalier, l'attention aux ombres portées continuent de creuser un espace qui, sans être complètement classique, est moins plat que dans certaines oeuvres de Marquet ou Matisse au même moment. Les demi teintes utilisées dans les ombres, notamment au premier plan où le pavé se creuse de diverses nuances de gris, y contribuent largement. Au Salon de 1905, Camoin expose aux côtés de Matisse et Derain ; un critique qualifie leur salle de " cage aux Fauves " : le mouvement est lancé.
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