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La bouée Rouge, Saint-Tropez

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La bouée Rouge, Saint-Tropez

Signac, La Bouée rouge, 1895, Paris, musée d'Orsay

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Le petit port de Saint-Tropez que Signac peint ici est alors un lieu paisible et presque oublié. Le peintre s'y installe parce qu'il y trouve un refuge abrité pour son voilier l'Olympia. C'est donc l'un des aspects familiers de la ville qu'il met en scène, le quai Jean Jaurès, auquel il consacrera plusieurs toiles. Après différentes esquisses, il parvient à cette composition verticale singulière. Le reflet y tient plus de la moitié de la composition, tandis que la ville et les voiliers se voient repoussés dans le haut de la scène, focalisant ainsi l'attention sur les effets du soleil sur l'eau, et sur la note rouge de la bouée au premier plan. L'artiste y déploie toute sa science de la couleur, inspirée des recherches scientifiques de son temps. Par la division des tons, il parvient à garder l'intensité des couleurs sans les mélanger, et en monte la puissance par l'usage des complémentaires. Toute la toile est en faite construire sur ce contraste : le bleu et le jaune éclatent partout, sur les façades ensoleillées qui se reflètent dans la baie bleue ; le rouge de la bouée répond à l'orangé plus doux du petit voilier à l'arrière plan, relevé de sa complémentaire, le vert. Le jeu sur le reflet domine l'ensemble et fait vibrer la surface liquide, grâce à des points de couleur de plus en plus larges : Signac parvient ainsi à assouplir une composition très géométrique, essentiellement fondée sur les verticales. Exposée à Bruxelles au Salon de la Libre Esthétique, elle rencontre un vrai succès. Le poète Verhaeren y voit " la marine la plus claire et la plus merveilleuse du Salon ". Par une spontanéité plus grande de la touche, le peintre serait parvenu à " dégager la vibrante chanson de lumière et la douceur de vie ensoleillée du Midi ".
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