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La Baie de Cannes

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La Baie de Cannes

Pablo Picasso, La Baie de Cannes, 1958, Paris, Musée Picasso

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En 1958, Picasso s'installe " chez Cézanne " comme il aime à le dire lui-même, c'est-à- dire qu'il achète le château de Vauvenargues, ce " château noir " peint si souvent par le maître qu'il admire tant. C'est cette même année qu'il réalise une Baie de Cannes des plus surprenantes. En effet, si la baie et la ville sont bel et bien là, Picasso ne paraît guère intéressé par le pittoresque du paysage où les effets de lumière qui avaient tant intéressé les artistes avant lui. Du magnifique panorama qui s'ouvre sous nos yeux, nous percevons avant tout un entrelacs de lignes géométriques, à dominantes bleue, blanche et noire. Picasso dessine dans la couleur, mais sans que les formes qu'il décrit ne prennent de substance. Tout se passe comme si le fameux cerne cézanien, sa science de la géométrie, avaient pris des proportions monstrueuses, effaçant jusqu'à la matière des choses. D'une certaine manière, Picasso transforme le cubisme de ces jeunes années pour en faire une harmonie décorative, qui joue toujours sur la fragmentation des formes, sur les multiples points de vue. C'est ainsi que les bateaux, par exemple, ou même la baie, paraissent flotter au-dessus des immeubles, dans une superposition des plans qui semble reprendre celle des immeubles du premier plan. C'est que le sujet, sans jamais disparaître de l'oeuvre de l'artiste, est toujours maltraité. À dessein : la peinture, sous ses pinceaux, engendre des formes qui paraissent autonomes, une forme en créant naturellement une autre, puis une nouvelle, comme ces palmiers du premier plan qui s'entourent de cercles qui reproduisent l'arrondi des palmes. La peinture devient alors comme un organisme monstrueux et fascinant, qui a sa vie propre.
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