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Cap Martin

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Cap Martin

Claude Monet, Cap Martin, 1884, Boston, Museum of Fine Arts

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Réalisée au terme d'un voyage enchanteur en compagnie de Renoir, de Marseille à Gênes, Monte-Carlo, l'Estaque et Antibes, cette toile traduit l'émerveillement de Monet devant la luxuriance et la lumière du sud. Comme il l'écrit lui-même : " Je suis installé dans un pays féerique. Je ne sais où donner de la tête, tout est superbe et je voudrais tout faire ". À proximité de Menton, Monet plante son chevalet devant la montagne, qu'il rend monumentale à l'arrière-plan. La petite taille du village, le sommet coupé par la ligne des nuages, comme si la toile ne pouvait le contenir, tout concourt à cette impression majestueuse. Le premier plan, beaucoup plus proche, équilibre le tableau : aux pentes de la montagne sur la droite s'oppose le petit chemin de terre rouge qui monte sous les pins, dans un mouvement de la touche inversé. Ainsi, au triangle formé par le bosquet répond celui, inversé, de la montagne et du chemin. Entre les deux se glisse la masse liquide de la mer, bleue turquoise et outremer mêlés, dans une montée en puissance des couleurs qui s'appuie sur cette lumière du sud et qui n'a guère d'équivalent dans son oeuvre que les vues de Venise, réalisées à la fin de sa vie. Ce séjour à la fin de l'année 1884, à Antibes, correspond à un moment béni de sa vie d'artiste, et de travail intense, avant la réalisation des premières séries, au début des années 1890. Pourtant, le travail sur l'instant éphémère est déjà là, rendu sensible par la vitesse de la touche. Cette liberté de traitement, qui ferait presque disparaître la montagne dans un brouillard léger, devient de plus en plus grande, mais au prix d'une concentration et d'heures de travail répétées, ce que l'on n'imagine guère face à cela.
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